12 février 2009

Site de candidature à l'investiture PS aux Européennes

www.nicolascadene.net

10 février 2009

Élections européennes : le PS doit montrer un nouveau visage !

Tribune parue sur Mediapart

Vous pouvez la signer ici

drapeau.jpgEn juin, les élections européennes seront le prochain test important pour le Parti socialiste. Au-delà même des résultats, la façon d'aborder ces élections sera un signe extrêmement révélateur de notre nouvelle manière faire de la politique. Alors que l'UMP fait du mandat européen un placard doré pour politiques en disgrâce, nous devons au contraire y démontrer nos ambitions nouvelles : être en phase avec la société et répondre aux inquiétudes de nos concitoyens. Avec le Manifesto du PSE (Parti socialiste européen), nous sommes les seuls (avec les European Greens) à avoir un programme européen unique, rédigé par les militants de tous les États membres.

Incontestablement, l'Europe traverse une crise d'identité et la présidence française de l'Union européenne n'aura fait qu'amplifier ce mouvement de replis nationaux. Si Nicolas Sarkozy a su faire beaucoup parler de lui, il aura finalement peu parlé de projet commun, d'unification politique, de démocratisation. La crise internationale et le bilan du Président débouchent sur une situation politique favorable pour la gauche européenne à condition qu'elle sache présenter un nouveau visage.

Qu'en est-il aujourd'hui ? On constate que les eurodéputés français apparaissent souvent aux électeurs inactifs et peu présents. Ce constat est généralement injuste tant les membres du PSE sont de tous les combats. Mais cette perception peut s'expliquer par le fait qu'en Europe nos élus sont parmi ceux qui cumulent le plus...

Notre première secrétaire, Martine Aubry, a fixé comme critères internes de désignation : « le renouvellement, la diversité et le non-cumul des mandats ». Est-ce l'ébauche de ce renouvellement nécessaire ? Nous le souhaitons et nous invitons notre Parti à ce que cette impulsion se trouve enfin concrétisée.

Le problème fondamental de la gauche d'aujourd'hui est celui du renouvellement générationnel. Il est la clé pour aborder tous les autres critères définis par Martine Aubry. C'est le levier qui résoudra, de fait, la question de la « diversité ». Aborder le problème du manque de représentativité des minorités au sein des assemblées parlementaires en voulant « fabriquer de la diversité », dusse-t-elle être artificielle comme aujourd'hui au sein gouvernement, n'est pas sain. Cette conception de la République n'est pas la nôtre. Elle ouvre la voie à la politique du comptage avec tous les effets pervers que cela entraîne. Nous sommes pour une diversité qui soit issue du terrain et du militantisme, non du fait du prince et des effets de cour. Il est d'ailleurs intéressant de découvrir à l'occasion de cette échéance européenne qu'en cas de disgrâce, la punition préférée du nouveau « monarque » est le mandat européen... Cela en dit long sur la vision européenne de la droite française !

Les générations auxquelles nous appartenons sont des générations qui ont grandi dans la diversité. Le concept même de génération « black-blanc-beur » n'a plus de sens tant le métissage est partie intégrante de notre culture. Faire la place à cette génération dans les instances politiques, c'est automatiquement accepter cette France du réel.

Faire de la place aux jeunes n'est pas tomber dans une forme de « jeunisme » qui serait au moins aussi absurde que le spectacle actuel d'une Assemblée monocolore. Nous devons mieux coller à notre société en mettant en avant des compétences plus ancrées dans notre vie sociale, et surtout en mettant en place ce que tous les socialistes appellent de leur vœux : le non-cumul des mandats !

Si nous avons conscience des rapports de force électoraux et parfois de la nécessité de présenter un « baron local » pour gagner parce que le non-cumul n'est pas encore inscrit dans la loi, en interne, refusons la « politique des rentiers », tout comme nous condamnons le « capitalisme de rente » !

Pour toutes ces raisons, animés d'un très fort sentiment européen, nous souhaitons interpeller les militants, les dirigeants du Parti socialiste mais aussi l'ensemble des responsables politiques français à travers le soutien à des candidatures différentes, transparentes, inédites.

Signataires : Nicolas Cadène (CN et CF 30), Bastien Brunis (Paris), Kamel Chibli (CN et CF 09), M'jid El Guerrab (CF 15), Sébastien Gros (91), Akli Mellouli (CN et CF 94), Benjamin Mathéaud (SF 30), Mustapha Mousalli (CF 18), Anthony Pitalier (CF 24), Aziz Ridouan (49), Zacharia Saha (95)

07 février 2009

Candidature à l'investiture PS aux Européennes

Cher(e)s camarades, cher(e)s ami(e)s,

P1010426.JPGAu-delà des traités, au-delà des caricatures, l'Europe est une réalité que les politiques français ont trop souvent ignoré ou méprisé. Nous ne devons pas laisser le formidable espoir qu'elle représente, les avancées réelles qu'elle rend possible à une droite corporatiste. Nous devons être, là bas, en première ligne. Nous devons faire cesser la trahison de l'idéal européen et rendre l'Union à ses citoyens.

La crise financière n'épargne évidemment pas une Europe qui s'est trop souvent pliée aux diktats du 'tout marché'. Nous la subissons de plein fouet. À travers le continent, des dirigeants politiques irresponsables se sont trop souvent mis au service du libéralisme le plus primaire. Aujourd'hui l'Europe peut et doit changer cela. Seule une majorité socialiste (PSE) et progressiste au Parlement européen permettra de renverser l'actuelle Commission européenne et d'en changer l'orientation politique.

La crise n'est pas seulement financière, elle est aussi sociale, environnementale et idéologique. Pour y faire face, il nous faut créer une Europe politique pleinement démocratique et proche de ses citoyens. Une Europe protectrice, émancipatrice et innovante.
Le 21ème siècle doit être celui d'un monde multipolaire, plus respectueux de notre environnement et des droits sociaux. Et c'est d'abord à l'échelle européenne que nous pouvons y œuvrer.

Motivé par une volonté forte et par la conviction que ce que l'Europe doit faire, l'Europe peut le faire, j'ai posé ma candidature à l'investiture du Parti Socialiste pour les élections européennes de juin prochain (Sud Ouest). Une démarche décidée collectivement avec les militants et faisant suite à l'appel de notre Première Secrétaire, Martine Aubry, pour des candidatures fondées sur le renouvellement, les compétences et le non-cumul. Depuis le départ, c'est également la ligne de Ségolène Royal.

J'appartiens à une génération (27 ans) très largement européanisée et au fait d'évolutions techniques et technologiques qui ont changé le monde et que l'on se doit de mieux appréhender. Mon parcours s'inscrit à la fois dans le local, dans le national et dans l'européen depuis mes études jusqu'à mes responsabilités actuelles, en passant par mes engagements associatifs très divers mais toujours d'ordre humanitaire, social et européen.

En France, nous avons trop souvent utilisé le mandat européen comme un strapontin pour des politiques souhaitant revenir à de hautes fonctions nationales, ou comme un placard doré pour élus en disgrâce. Pourtant le mandat européen, le seul à ce jour issu du suffrage populaire au sein des institutions communautaires, est essentiel pour la défense de nos droits sociaux mais aussi pour la construction d'un modèle alternatif.

Comme celles d'autres camarades investis dans la construction européenne et n'étant investi d'aucun mandat, ma candidature fait le choix du "sang neuf" et de l'investissement total au service d'une mission fondamentale : l'idéal européen.

J'espère qu'elle saura retenir votre attention, et surtout, recueillir tout votre soutien.
Amitiés socialistes,

Nicolas Cadène

27 janvier 2009

Le protectionnisme monétaire et ses dangers bien plus réels que ceux du protectionnisme douanier

yuan_dollar2.jpgBarack Obama a demandé à la Chine d'arrêter de manipuler sa monnaie, le yuan. Cette demande est justifiée mais risquée. Revenons sur son origine.

Les marchés étaient bien trop habitués à voir le yuan s'apprécier face au dollar. Depuis trois ans en effet, la monnaie chinoise n'avait cessé de remonter contre le billet vert, affichant une réévaluation de 16%.
Aussi, lorsque, du 27 novembre au 5 décembre, le yuan s'est déprécié face au dollar, la consternation fut totale sur le marché des changes.

Nous savons que la parité du yuan est arbitrairement déterminée à partir d'un panier de plusieurs devises, dont la principale est le dollar. Dernièrement, la devise américaine a largement profité de son statut de monnaie de référence : elle redevient un refuge face à la crise. De manière parfaitement mécanique, le dollar s'est évalué par rapport à la plupart des autres devises, dont le yuan.

Les Américains n'ayant plus assez d'argent pour consommer et les Chinois n'ayant plus assez d'acheteurs pour vendre leur production, il est clair que le yuan est dévalué par rapport au dollar pour doper le commerce extérieur chinois. Cela affaiblit donc la balance commerciale américaine.

...Et tout cela n'est que la conséquence d'un commerce mondial qui se contracte.

Aujourd'hui, alors qu'il est toujours de bon ton de critiquer vertement le protectionnisme (douanier) même lorsqu'il est vu dans une approche pragmatique, modéré, adapté et ciblé à certains produits venant de certains États ne respectant pas certaines règles, on oublie les dangers bien plus réels du protectionnisme monétaire.

Les dévaluations monétaires constituent en effet une des principales distorsions. L'effet des fluctuations des grandes monnaies est considérable et peut très clairement amoindrir l'effet des plans de relance, surtout lorsqu'il s'agit d'aides directes à des intérêts particuliers (comme c'est le cas pour la France...) et non d'une action globale sur la demande.

Comme le rappelle Antoine Brunet dans Le Monde, le coût du travail est 80 fois moins élevé en Chine qu'en Europe, contre 30 fois pour l'Inde, alors que leur situation est comparable, ce qui donne une idée du rôle du taux de change.

Aujourd'hui, l'OMC n'a pas les moyens de sanctionner les manipulations de change. Si l'OMC interdit et punit le protectionnisme douanier, elle ne peut rien faire contre le protectionnisme monétaire. Et depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, le FMI n'a plus son mot à dire sur le régime et les manipulations de change de certains pays.
C'est pourquoi l'administration Obama, touchée par la dévaluation du yuan, a décidé de réagir.

Mais, cette réaction, bien que parfaitement compréhensible, comporte de sérieux risques. Le premier est d'affaiblir un peu plus encore une économie chinoise dont le ralentissement semble prendre des proportions inquiétantes. Le PIB n'a progressé que de 6,8%, sur un an, au quatrième trimestre 2008, ce qui, à l'échelle de la Chine, prend presque des allures de récession, avec la menace d'une explosion sociale dans le pays.
Or, la banque centrale de Chine est devenue depuis l'automne, devant le Japon, le premier détenteur de bons du Trésor américains, avec un stock aujourd'hui supérieur à 700 milliards de dollars (545 milliards d'euros). A force de trop les irriter sur les taux de change, les Chinois pourraient finir par riposter en décidant de boycotter les prochaines adjudications du Trésor américain. Il s'ensuivrait une envolée des taux d'intérêt à long terme américain, dont l'effet serait d'aggraver la récession aux Etats-Unis.

Comme le rappelle Le Monde d'hier, ce n'est pas seulement un conflit monétaire bilatéral sino-américain qu'il faut redouter, mais bien une guerre des changes mondiale.
La banque centrale russe (BCR) a annoncé jeudi une dévaluation de 10% du rouble qui a déjà perdu près du quart de sa valeur en deux mois. Elle a promis qu'il s'agirait de l'ultime réajustement...
La livre sterling, enfin, est tombée vendredi à son plus bas niveau depuis vingt-quatre ans face au dollar, touchant 1,3503 dollar, après l'annonce d'une contraction de 1,5 % du PIB au quatrième trimestre. Sans doute l'affaiblissement de la livre est-il de nature à stimuler les exportations britanniques, et donc, dans cette mesure, constitue-t-il plutôt une bonne nouvelle pour le gouvernement de Gordon Brown, qui en manque cruellement en ce moment. Mais le risque existe d'une perte de contrôle totale de la situation et d'un effondrement du sterling, qui poserait des problèmes de financement de la dette publique difficiles à surmonter.

 

Nicolas Cadène

09 janvier 2009

Position du groupe parlementaire PSE sur la situation à Gaza

Sur proposition de Béatrice PATRIE,membre de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, le groupe parlementaire du PSE a adopté ce mercredi 7 janvier la déclaration suivante.

Le groupe

1. Exprime sa plus profonde indignation face aux violences dans la bande de Gaza, aux conséquences de l'usage disproportionné de la force par l'armée israélienne et à l'escalade militaire à l'origine de centaines de victimes, pour la plupart civiles, y compris de nombreux enfants. Déplore profondément que des civils et des installations des Nations Unies aient été frappés. Appelle Israël à respecter ses obligations en matière de droit international et de droit humanitaire international et à permettre à la presse internationale de suivre les événements sur le terrain. Appelle le Hamas à cesser les tirs de roquettes et à prendre ses propres responsabilités, en s'engageant dans un processus politique visant à restaurer le dialogue inter-palestinien et à contribuer au processus de négociations en cours.

2. Appelle à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Le cessez-le-feu, qui devra englober le retrait des territoires réoccupés ces derniers jours et une trêve négociée, devra être garanti par un mécanisme établi par la communauté internationale. Ceci devra prévoir le déploiement d'une force multinationale le long des frontières de la bande de Gaza, incluant des pays arabes et musulmans. Invite l'Union Européenne à appuyer tout accord atteint par le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

3. Demande avec force aux autorités israéliennes de permettre que les vivres, l'aide médicale d'urgence et le carburant soient délivrés à la bande de Gaza par l'ouverture des points de passage, et la levée du blocus. L'annonce de l'ouverture d'un couloir humanitaire à Rafah est une première étape à mettre en place d'urgence. Appelle les institutions de l'Union Européenne et autres donateurs, à fournir une aide adéquate face aux besoins croissants, en coopération avec les Nations Unies et les ONG, et demande à Israël de ne pas compromettre cet effort humanitaire essentiel. Cette aide devra contribuer à la reprise graduelle de l'économie de base dans la bande de Gaza, et à la restauration de conditions de vie décentes pour les palestiniens, en particulier les jeunes.

4. Considère que la reprise immédiate du "Agreement on Movement and Access" (AMA) et des "Agreed Principles for Rafah Crossing" (APRC) conclus en septembre 2005 par l'Egypte, Israël et l'Autorité palestinienne après le désengagement unilatéral israélien de la bande de Gaza doit être garantie sans restrictions. L'Union Européenne pourrait apporter une contribution essentielle à cette fin, en relançant sa mission de monitoring à Rafah.

5. Réaffirme qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien et considère que le temps est venu pour un accord de paix durable et complet sur base des négociations conduites à ce jour par les deux parties. Une conférence internationale promue par le Quartette et avec la participation de tous les acteurs régionaux, sur base du précédent accord conclu entre israéliens et palestiniens, pourrait contribuer à atteindre cet objectif. Considère que des efforts renouvelés pour la réconciliation inter-palestinienne sont une étape essentielle.

6. Insiste à nouveau sur la fait que tout rehaussement des relations politiques entre l'Union Européenne et Israël doit être strictement conditionné par le respect du droit humanitaire international, par un réel engagement en faveur d'un établissement complet de la paix, par la fin de la crise humanitaire à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés, et par le respect d'une mise en place complète de l'accord d'association intérimaire EC - PLO. Aussi longtemps que la situation demeure aussi critique, le Groupe Socialiste maintiendra sa position négative concernant le vote par le Parlement Européen de l'avis conforme sur une participation accrue d'Israël aux programmes CE.

7. Est préoccupé par les sérieuses conséquences de la résurgence du conflit dans la vie quotidienne des citoyens de la région et sur les espoirs d'une paix durable dans l'ensemble du Moyen Orient. Souligne le risque de mettre à mal la compréhension mutuelle et le dialogue entre toutes les communautés en Europe.

8. Appelle urgemment à un rôle politique renforcé et uni de l'union Européenne comme ce fut le cas lors de la crise du Liban en 2006 et lors de la récente crise entre la Géorgie et la Russie. Dans le cadre de son action, l'UE doit saisir l'occasion de coopérer avec la nouvelle administration des Etats-Unis afin de mettre un terme au conflit grâce à un accord basé sur la solution de deux Etats, donnant aux israéliens et aux palestiniens la possibilité de vivre côte à côte en paix et en sécurité. Ceci contribuera grandement à l'objectif d'une nouvelle et pacifique structure régionale de sécurité au Moyen Orient.

9. Invite activement ses Membres à promouvoir une campagne politique adressée à l'opinion publique européenne, en coopération avec les partis socialistes européens et les autres mouvements progressistes et ONG, basée sur un vigoureux appel pour la paix au Moyen Orient.