30 octobre 2006
A bientôt !
Chers Internautes !
Pris par le temps et les obligations, je n'ai malheureusement plus le temps de m'occuper de façon satisfaisante du blog "Oui à l'Europe" alors même que le sujet me passionne.
Ainsi, le site se met en "pause" durant une période indéterminée...
Cependant, toutes les notes restent accessibles, notamment celles, intemporelles, qui expliquent et analysent le fonctionnement communautaire et les différentes institutions et politiques européennes.
Il y a donc déjà beaucoup à lire !
Pour les personnes souhaitant participer à un débat politique qui, finalement, concerne également l'Europe, je vous donne rendez-vous sur le blog du "débat socialiste" !
A bientôt et bon débat !
Nicolas Cadène
10:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13 septembre 2006
Retard dans l'accession des nouveaux membres de l'Union européenne à l'espace Schengen


12:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16 juin 2006
L'UE ne peut pas se passer de la France du non
Par Nathalie DUBOIS et Jean QUATREMER
vendredi 16 juin 2006
Les tenants du oui l'avaient agité comme un épouvantail : un rejet du projet de traité constitutionnel allait affaiblir l'«influence» de la France en Europe. Un an après le référendum et alors que les dirigeants de l'UE sont réunis à Bruxelles depuis hier, qu'en est-il ? Selon un sondage publié par Libération le 17 mai, 64 % de ceux qui ont voté oui estiment que cette prophétie s'est réalisée contre seulement 26 % des «nonistes». A Bruxelles, on dresse un bilan tout aussi nuancé : «Le non n'a pas changé le poids géographique, économique, institutionnel de la France», analyse un dirigeant européen, qui requiert l'anonymat. Comme le clamait hier Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, dans le quotidien allemand Die Welt, l'Union européenne peut très bien avancer «sans les Britanniques», mais elle «ne peut pas renoncer à la France». «Ce qui a été affaibli, c'est la capacité de la France à faire bouger les choses», poursuit ce dirigeant européen. Comment l'équipe gouvernementale française pourrait-elle rester crédible au sein des Vingt-Cinq quand elle n'est plus suivie par son peuple ?
«Déshérence». «Si on parle de perte d'influence, il faut savoir qui en a gagné, note un fonctionnaire européen. Or personne n'en a gagné. Il n'y a pas de nouveaux maîtres de l'Europe. Et le problème est justement celui de la déshérence.» Dans le fonctionnement quotidien de la machine communautaire, les forces et les faiblesses françaises sont demeurées inchangées. «Les Français ont un très bon représentant permanent à Bruxelles, un bon système administratif européen, ce qui leur permet d'être à l'origine de la plupart des compromis.» De même, malgré les récentes nominations de directeurs généraux à la Commission qui n'ont guère bénéficié aux Français, «ces derniers restent surreprésentés». Quant au recul de la langue de Molière dans les institutions ou la faiblesse structurelle de la représentation hexagonale au Parlement européen, les élus français étant dispersés entre trop de groupes, ce n'est pas la faute du non.
Le problème est ailleurs : dans la capacité de la France à peser sur l'avenir de l'Europe. «Il est clair que le non n'a pas eu de capacité d'entraînement, note un diplomate. Par exemple, Laurent Fabius spécule sur la possibilité de construire une majorité en Europe sur des objectifs sociaux, sans tenir compte du rapport de forces actuel» au sein des Vingt-Cinq. Au moins, se console le dirigeant cité plus haut, «les élites françaises sont restées proeuropéennes alors qu'aux Pays-Bas ils sont tous devenus eurosceptiques». Tout le monde note, d'ailleurs, les efforts de Paris pour maintenir l'allant communautaire, aujourd'hui recentré sur des projets concrets comme l'immigration ou l'énergie.
«Euphémisme». Reste encore à voir si le départ de Jacques Chirac permettra une relance du processus constitutionnel. Et si son successeur à l'Elysée lèvera les contradictions françaises. «De tous les pays de l'Union, la France est sans doute celui qui a la vision la moins claire de ce qu'il attend de l'Europe, se désole un grand commis de l'Etat, qui a partagé sa carrière entre Paris et Bruxelles. Elle sait ce qu'elle ne veut pas, mais pas ce qu'elle veut.» «Parler des contradictions françaises est un euphémisme, ajoute un diplomate français. La France s'est faite le chantre de l'Europe politique, mais chaque fois qu'elle est au pied du mur, par exemple sur la possibilité de donner à l'Union un siège au Conseil de sécurité de l'ONU, il n'y a plus personne.» «Il n'y aura pas de réconciliation européenne sans réconciliation des Français avec l'économie libre et ouverte, note un diplomate européen. La France vit dans un déni de réalité.»
08:36 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09 mai 2006
Nouveau portail sur le Web : "Toute l'Europe"
Information que je relaie volontiers :

Dès aujourd’hui, 9 mai, journée de l’Europe,
invitez votre réseau et les visiteurs de votre site à parler
de l’Europe qu’ils vivent, qu’ils attendent et qu’ils espèrent
§ Un an après le référendum sur la Constitution européenne, www.touteleurope.fr, nouveau portail de référence sur les questions européennes, soumet aux internautes 70 sujets de réflexion organisés en 12 thématiques révélées par l’analyse des principales opinions qui s’expriment sur l’Union européenne.
Chaque participant est libre d’intervenir sur chacun des thèmes proposés. Des espaces de commentaires libres et illimités permettent à chacun de préciser son point de vue et ses propositions.
§ À partir du 30 juin, des synthèses et des représentations innovantes des contributions déposées seront publiées en ligne et présentées aux institutions françaises et européennes.
Les internautes pourront se situer au sein de "familles" d'Européens que les sondages d'opinion ne mettent pas en évidence.
§ Pour que s’y exprime la diversité des sensibilités existantes, cet espace est à la disposition des réseaux associatifs et citoyens.
Vous êtes un acteur incontournable du débat européen sur internet, nous souhaitons tout particulièrement ouvrir à votre public cet espace d’expression en ligne.
Nous vous proposons d'insérer dès aujourd’hui sur votre site un lien direct vers l’espace d’expression en ligne (http://www.touteleurope.fr/francais/parlons-deurope/sexpr...). Deux bannières illustratives sont disponibles (voir ci-dessous).
§ Touteleurope.fr met son contenu à votre disposition sous licence Creative Commons, n’hésitez pas à nous contacter pour vous aider à enrichir ou constituer l’espace Europe de votre site !
22:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
L'Union européenne souhaite se concentrer sur les résultats
Y penser toujours, n'en parler jamais: l'Union européenne entend se concentrer sur des réalisations concrètes qui permettront de rapprocher l'Europe de ses citoyens tout en gardant sa Constitution en soins intensifs.
Les représentants des parlements nationaux et du Parlement européen qui se sont rencontrés lundi et mardi à Bruxelles pour évoquer la situation de l'UE, un peu moins d'un an après les "non" français et néerlandais, sont arrivés à la même conclusion que la plupart des gouvernements et la Commission européenne. "L'Europe ne doit pas céder au pessimisme", a ainsi déclaré le social-démocrate allemand Klaus Hänsch. "Certes, l'Europe traverse une phase difficile, mais elle en a connu d'autres depuis 50 ans et les a toujours surmontées." Même si l'Estonie a ratifié mardi la Constitution, devenant le quinzième pays à le faire, et si la Finlande suivra bientôt, le compte n'y est pas, et personne ne sait comment sortir de l'imbroglio: comment faire voter les Britanniques ou les Polonais ou faire revoter les Français et les Néerlandais ? La question, qui sera posée aux dirigeants européens lors de leur sommet de juin, ne trouvera donc pas de réponse, sinon celle de prolonger la "période de réflexion" décrétée il y a un an en parlant le moins possible de constitution. C'est exactement ce que proposera la Commission européenne mercredi dans sa contribution au prochain Conseil européen, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la contribution française. L'équipe de José Manuel Barroso a préparé un document qui prend bien soin d'indiquer que la Commission "continue d'appuyer les principes" de la Constitution, tout en notant qu'il "n'existe pas encore de consensus sur les prochaines étapes". Pour la Commission, 2007 - avec les élections en France et au Pays-Bas - sera l'année où l'on pourra reparler de ce dossier. Elle propose donc de marquer le 50e anniversaire de la signature du traité de Rome, en 1957, par l'adoption d'une "déclaration politique" qui décrirait les "valeurs et les ambitions de l'Europe" et permettrait de relancer la machine. L'EUROPE, MAINTENANT "Mais les citoyens veulent que l'UE fonctionne efficacement, maintenant", peut-on lire dans ce texte, et cela ne peut attendre "un accord sur un règlement institutionnel". Comme la France, qui parle de "l'Europe des projets", l'exécutif européen estime que l'heure est à "l'Europe des résultats" pour restaurer "pas à pas" la confiance des citoyens, qui restent demandeurs de "plus d'Europe", malgré leur méfiance. Les commissaires suggèrent par exemple de faire fonctionner le marché intérieur en faveur des citoyens européens. La Commission a montré récemment la voie en s'attachant à défendre les consommateurs, en obligeant par exemple les compagnies aériennes à compenser les passagers pour les retards ou en forçant les opérateurs de téléphonie mobile à réduire le prix du "roaming" réclamé pour les appels passés par un portable à l'étranger. Dans le domaine social, qui a joué un rôle important dans le "non" français à une Constitution jugée trop libérale, le mot d'ordre est de développer une forme de protection sociale à travers toute l'Europe grâce à une "carte" des droits. Tous les sondages le prouvent: les Européens veulent être protégés contre la criminalité et les risques du XXIe siècle. La Commission suggère donc de transférer au niveau européen la coopération judiciaire et policière contre la criminalité, de créer un système commun sur l'asile et l'immigration d'ici à 2010 et de bâtir une police commune des frontières. L'élargissement de l'UE, qui est considérée comme un grand succès, fait peur aux citoyens européens: il faut donc, selon la Commission, tenir compte de la capacité d'absorption de l'UE. L'Europe doit affirmer son rôle en matière de défense et d'acteur sur la scène mondiale, tout en vendant mieux ses succès, comme les programmes Erasmus d'échange d'étudiants ou Galileo de positionnement par satellite. Enfin, pour rapprocher l'Europe de la réalité nationale, l'équipe de Barroso proposera mercredi de transmettre directement toutes ses propositions aux parlements nationaux pour qu'ils puissent y réagir, une arme à double tranchant, car elle revient à donner un droit de veto politique aux assemblées nationales. 14:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
La "journée de l`Europe" placée sous le sceau du débat d`idées
Bruxelles, 09/05 - L`UE, en pleine introspection sur son avenir, fête ce mardi "la Journée de l`Europe" dont le clou devait être des débats publics dans des célèbres cafés des 25 capitales européennes alors que le parlement estonien a ratifié la Constitution européenne avec une écrasante majorité.
"La constitution de l`Union européenne a été ratifiée avec 73 voix pour et une voix contre", a annoncé le président du parlement Maret Maripuu à l`issue du vote, organisé le jour même de la Journée de l`Europe, célébrant la construction européenne.
L`Estonie est le quinzième pays, sur les 25 de l`UE, à avoir ratifié le texte de la Constitution européenne.
Mais l`avenir du texte est des plus incertains en raison de son rejet par les électeurs français et néerlandais dans des référendums il y a presque un an.
Méconnue, la Journée de l'Europe fêtera pourtant demain sa vingtième édition. Le gouvernement français tentera cette année de faire oublier le «non» au référendum sur la Constitution européenne pour marquer d'un lustre particulier cette fête de la paix et du rapprochement de peuples en quête d'unité.
À Paris, la Tour Eiffel sera en particulier illuminée en bleu, ainsi que l'Arc de triomphe, l'Assemblée nationale, le Sénat et le ministère des Affaires étrangères. Celui-ci ouvre ses portes pour l'occasion et offre des concerts de musique classique et de jazz par la Garde républicaine et le choeur de l'armée française.
Et à 18h, partout en France, des chorales chanteront l'hymne européen, c'est-à-dire l'Hymne à la Joie de Beethoven (dernier mouvement de la 9e symphonie).
Pourquoi le 9 mai? En ce jour de mai 1950, Robert Schuman, le ministre français des Affaires étrangères de l'époque, prononçait une déclaration qui devait marquer le début de la construction européenne. Il appelait en effet à la mise en commun des productions françaises et allemandes de charbon et d'acier. C'est à partir de cette idée que devait naître l'année suivante la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), embryon du «Marché commun», puis de la CEE (Communauté économique européenne) et enfin de l'Union européenne.
Pour la ministre déléguée aux Affaires européennes, Catherine Colonna, «l'objectif est que le 9 mai devienne une véritable fête, une occasion de rencontres et de débats, une journée où nous affirmons notre fierté de faire vivre l'Europe».
Après la victoire du «non» en France et aux Pays-Bas, reste posée la question de savoir si les Français -et les Européens- sont convaincus de la façon dont le vieux continent cherche à s'unir. Ce qui est sûr, c'est qu'il ne sont pas excessivement chauvins face aux célébrités qui font l'actualité.
En effet, selon un sondage publié dans la version française du quotidien gratuit Métro et réalisé auprès de 1005 personnes âgées de 15 ans au moins, la personnalité européenne classée numéro un dans l'Hexagone est... anglaise: il s'agit de la navigatrice Ellen McArthur. Elle est suivie de deux Italiens: le chanteur d'opéra Luciano Pavarotti et l'actrice Monica Bellucci.
Journée de l'Europe 2006
Après le succès de foule de la journée portes ouvertes aux institutions du samedi 6 mai (quelques 100.000 visiteurs à Bruxelles), des événements ont lieu dans tous les Etats membres pour la Journée de l’Europe ce 9 mai. Voici la liste des événements qui se tiennent en France (à Paris) :
Portes ouvertes à la Représentation, parallèlement à deux expositions :
- rétrospective de 75 photos du photographe autrichien Erich Lessing
- « 25 vues de l’Europe », exposition de jeunes photographes de l’UE. Présence du Commissaire Barrot
Evénement festif au Trocadéro
Partenariat avec de grandes entreprises telles que l’EDF, la RATP, la SNCF, Air France, La Poste : un ticket de métro spécial de couleur bleue « Fête l’Europe » est produit par le métro français (RATP), un timbre national « Fête l’Europe » est produit par les services postaux nationaux français (La Poste) ; Eurostar affichera les couleur européennes de la Gare du Nord à Londres pendant 15 jours ; Air France offrira des bons aux jeunes sur les vols/destinations européens.
Nocturne organisée pour les étudiants Erasmus à la « Cité des Sciences et de l’Industrie »
Une course hippique aura lieu dans la soirée à Vincennes, un prix spécial « Prix de la Journée de l’Europe » sera remis au vainqueur (retransmis sur TF1 et Canal+)
Des cinémas à Paris et Strasbourg joueront 25 films des 25 pays de l’UE.
Une «roller parade» à Paris dédiée à l’Europe.
La Tour Eiffel s’illuminera de lumières bleues pendant 24 heures, ainsi que l’Arc de Triomphe, l’Assemblée Nationale, le Sénat et le Ministère des affaires étrangères.
- Cliquez ici pour obtenir plus d'informations sur les manifestations nationales à l'occasion de la semaine de l'Europe
12:54 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (29) | Envoyer cette note | Tags : Europe
08 avril 2006
L'Union européenne lance le .eu pour concurrencer le .com
BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne a lancé le nom de domaine .eu qui, à l'instar de l'euro chatouillant le dollar, sera en concurrence avec le .com.Dès les premières heures, des centaines de milliers de demandes ont été déposées, ce qui a rendu quelque peu euphorique la commissaire européenne à l'Information, Viviane Reding.
"Si ça continue à cette vitesse, .eu va bientôt devenir un grand concurrent de .com", a-t-elle déclaré en souhaitant au nom de la diversité culturelle que naissent des .asia ou des .mercosur pour l'Asie et l'Amérique latine.
Depuis 11 heures vendredi, toute personne ayant sa résidence dans l'UE, même si elle ne possède pas la nationalité d'un Etat membre, peut enregistrer un nom sous le domaine de premier niveau .eu, les premiers arrivés étant les premiers servis.
En même temps s'est achevée une phase préliminaire ouverte depuis fin 2005 au cours de laquelle 320.000 demandes d'enregistrement de domaine sous .eu ont été déposées par des titulaires de marques déposées, des organismes publics et des titulaires d'autres droits antérieurs tels qu'une marque n'ayant pas fait l'objet d'un enregistrement, un identificateur d'entreprise ou un droit d'auteur.
Les institutions et les fonctionnaires des institutions de l'Union européenne basculeront vers .eu le 9 mai.
"Aujourd'hui, la société de la connaissance européenne acquiert une nouvelle visibilité sur l'internet vis-à-vis du reste du monde", a souligné Reding.
Les citoyens qui souhaitent enregistrer un nom de domaine .eu auront à choisir un bureau d'enregistrement accrédité parmi la liste figurant à la page suivante: http://list.eurid.eu/registrars/ListRegistrars.htm?lang=en.
Leur nom de domaine «.eu» devrait être activé en quelques heures. Les frais d'enregistrement varient à l'intérieur de l'Union européenne mais tournent autour de 15 euros.
© Reuters 2006. Tous droits réservés.
13:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
14 janvier 2006
Nicolas Sarkozy écrase les petits
Voici un très bon article de Jean Quatremer, journaliste à Libération, spécialiste des questions européennes :
Nicolas Sarkozy n’aime pas les petits. Le ministre de l’intérieur, qui se voit déjà dans les pantoufles
du Président de la République, a livré aujourd’hui sa vision européenne lors de ses voeux à la presse. Il propose, en toute simplicité, un « directoire » des six grands Etats membres en lieu et place du couple franco-allemand.
« Je souhaite enfin -sur un plan qui n'est pas institutionnel, mais davantage politique », a-t-il expliqué, « que dans le respect de chacun des membres de l'Union, et en pleine association avec eux nous fassions en sorte que les 6 principaux pays (l'Allemagne, le Royaume Uni, l'Espagne, l'Italie, la Pologne et la France) qui représentent 75 % de la population de l'Union, jouent un véritable rôle de moteur de l'Union Européenne. » Une vision qu’il a déjà développé à plusieurs reprises, notamment dans la revue du Parti populaire européen en septembre 2005 (en anglais !).
Cette vision d’une « Europe des grands » montre que Sarkozy a une incompréhension totale de ce qu’est l’Union. Si l’entente entre la France et l’Allemagne est si fondamentale, c’est parce que la construction européenne s’est faite autour d’eux afin d’empêcher le retour de la guerre sur le vieux continent. Elle n’est pas le fruit d’un simple hasard historique et dépasse largement les personnes qui sont au pouvoir dans les deux Etats à un moment donné. Surtout, en supposant même que cet axe Berlin-Paris ait fait son temps, ce que ne dit pas le ministre d’Etat, ou ne suffise plus à entraîner à lui seul l’ensemble des Etats membres, ce qu’il dit, cette proposition part du principe que les petits pays ne sont que des Etats de seconde zone, sans conviction européenne particulière, des empêcheurs d’intégrer en rond.
Pourtant, toute l’histoire communautaire montre exactement le contraire. Et au dernières nouvelles, c’est la France qui a rejeté (certes avec les Pays-Bas), le projet de traité constitutionnel ! Sans les petits, notamment la Belgique et le Luxembourg, l’Europe ne se serait pas faite. Laissés à eux-mêmes, les grands pays défendent bec et ongles leurs intérêts nationaux, comme ils l’ont montré ces dernières années (voir la négociation du traité de Nice ou le difficile accord sur les perspectives financières 2007-2013). Ce sont toujours les petits, dont les « intérêts » nationaux sont moins prononcés, qui ont proposé des solutions de compromis ou accepté de se sacrifier sur l’autel du bien commun. Ce n’est pas un hasard si, dès le départ, l’Europe a été créé à six et que la « Françallemagne », souhaitée par certains, n’a jamais vu le jour. Berlin et Paris n’ont pu s’entendre que grâce à la médiation des petits.
Ensuite, imaginer même un instant que les vingt et un (en comptant la Bulgarie et la Roumanie) admettront la création d’un « directoire des grands », c’est lourdement se tromper. L’Europe a pu se construire parce que tous les pays, quelle que soit leur taille, avaient le sentiment que leur opinion pesait dans la balance et que personne ne dominait personne. La vision européenne de Sarkozy, c’est celle de l’Europe des puissances, celle du Congrès de Vienne de 1815.
Enfin, Sarkozy imagine que les six grands, parce que grands, ont des intérêts communs. On ne peut que lui conseiller d’étudier la liste des votes au Conseil des ministres (la chambre législative où siègent les Etats) : les cas où ils votent ensemble sont extrêmement rares. Leurs intérêts sont en effet la plupart du temps opposés. Il est même fréquent que Berlin et Paris s’opposent… La Grande-Bretagne et l’Allemagne, par exemple, n’ont absolument pas la même vision du monde, que ce soit sur le plan diplomatique, fiscal, environnemental, social, etc. Quels sont les points communs entre la Pologne catholique et ultra conservatrice et l’Espagne socialiste ? On ne voit pas par quel miracle le fait de siéger au sein d’un « directoire », qui fonctionnerait sur la base du consensus, changerait quoi que ce soit à ce fait.
Bref, Sarkozy renoue avec les chimères intergouvernementales françaises (celles de de Gaulle) qui ont toujours échoué dans le passé, seules les institutions communautaires étant capables de « mouliner du compromis », selon l’expression d’un diplomate européen.
Ses deux autres propositions sont, en revanche, plus intéressantes. Il suggère un « halte au feu » de l'élargissement tant que l’Union n’a pas réglé ses problèmes constitutionnels, ce qui paraît être le bon sens même. Cela étant, il va falloir une bonne dose de diplomatie à l’égard des pays candidats et surtout convaincre les Britanniques et les Polonais, qu’il imagine dans son « directoire », de la justesse de sa thèse…
Sur la Constitution, il propose de s’en tenir à la partie institutionnelle, c’est-à-dire la première partie, qui n’a pas été contestée durant la campagne française. Le problème est que la plupart des pays, dont l’Allemagne, autre membre du futur « directoire », considère que le projet de traité constitutionnel est un compromis global. Mais peut-être est-ce LA bonne idée ? La Constitution comprendrait donc un préambule, une partie institutionnelle, la charte des droits fondamentaux (qui pourrait même rester à part : il suffirait de lui conférer force obligatoire) et des dispositions finales (révision, etc).
14:24 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
09 janvier 2006
Jacques Chirac adresse ses voeux aux Européens
Après avoir été responsable au moins en partie, de la crise européenne de 2005 (faire un référendum sur un sujet inconnu de tous, sans information préalable, en pleine crise sociale et économique ; négocier un budget en refusant tout compromis et en apparaissant trop personnel sans aucune vision européenne), le Président français adresse ses voeux aux Européens...

PARIS (Reuters) - Le président Jacques Chirac souhaite que 2006 soit "une grande année de progrès européen" et souligne l'exigence d'une "véritable Europe sociale" pour que "les fruits du progrès soient équitablement répartis".
"Que 2006 soit une grande année de progrès européen", déclare le chef de l'Etat français dans ses voeux de nouvel an aux Européens, une première.
Ce message, disponible sous forme de vidéo et de texte, est diffusé lundi en ligne sur le site internet de l'Elysée et sur les sites internet des ambassades de France des 25 Etats membres de l'Union européenne.
La vidéo est consultable en 19 langues, le texte en vingt langues.
C'est "dans le dialogue avec tous les Européens, que nous aborderons la question des institutions", estime Jacques Chirac.
"L'Europe a toujours progressé en surmontant les difficultés auxquelles elle était confrontée. Une fois encore, tous ensemble, nous le ferons. Car nous mesurons tous les progrès qu'elle nous apporte."
"L'Europe, souligne-t-il, c'est le souci de la dignité de chacun, le refus de l'exclusion, la lutte contre le chômage".
"Trop d'entre nous sont frappés par la précarité, victimes de la pauvreté. La mise en place d'une véritable Europe sociale doit être une exigence pour que les fruits du progrès soient équitablement répartis au bénéfice de tous."
"D'où que nous soyons, l'Europe unit nos destinées et nous apporte la solidarité et le progrès économique", plaide encore Jacques Chirac.
"Je souhaite que 2006 confirme l'impressionnante marche en avant des nouveaux Etats membres, dont le dynamisme se trouve amplifié par le soutien de tous."
"Nous devons tout mettre en oeuvre pour nous affirmer comme le continent de la connaissance, de l'excellence scientifique, de l'esprit d'entreprise, car c'est cela qui garantit notre place dans le monde, nos emplois, l'avenir de nos enfants. C'est cela notre identité", ajoute le président français.
© Reuters Limited. Click for Restrictions10:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
01 janvier 2006
Nouvelle Année / Nouvelle Présidence / Nouveaux espoirs?
Voici un très bon article de Philippe Perchoc sur Nouvelle Europe :
Voici le logo adopté par la présidence autrichienne de l'Union Européenne qui commence demain. C'est la reprise de la proposition de l’architecte hollandais Rem Koolhaas en 2004 pour un nouveau drapeau européen: c'est un mix des drapeaux des 25 de l'Ouest à l'Est (ici la version à 15).
Celui-ci sous forme de code-barre est sensé représenter la diversité des pays de l'Union. Et la présidence autrichienne se veut au coeur de nouveaux changements (espérons que les Européens ne prennent pas ce nouveau logo comme le signe d'une Europe super-marché). Elle a prévu un certain nombre de points clefs sur son agenda:
- la réforme institutionnelle: L'Allemagne et l'Autriche l'affirment, la constitution n'est pas morte ! Elles se font donc les promotrices de la réforme institutionnelle et réflechissent activement aux moyens de ne pas l'abandonner totalement tout en respectant le choix des Français et des Néerlandais. Cette étroite coopération entre la nouvelle femme forte de l'Europe et le chancellier autrichien est inaugurée par la rencontre du 1 er janvier à Vienne.
Dans ce cadre, certains bouts de la constitution commencent à être appliqués sans que la publicité soit suffisante. Par exemple, le Conseil vient de modifier son réglement intérieur pour assurer une plus grande transparence de sa prise de décisions, comme le rappelle Jean Quatremer sur le blog de Libé.
L'Autriche lance une nouvelle intiative qui me rappelle étrangement un bout de traité constitutionnel: la présidence du conseil par plusieurs pays pour 18 mois. En effet, l'Autriche a fait sa première conférence de presse avec la Finlande qui lui succedera en Juillet. Les deux pays ont affiché leurs objectifs concertés pour l'année 2006. Cette pratique, si elle venait à se généraliser pourrait donner un début de continuité à l'action du Conseil. Ici, le principe qui avait été retenu par la Convention est adapté sur un an. Elle permet aux pays de collaborer. Dans la mesure où lors de leur prise de présidence, les 10 nouveaux membres n'auront que peu d'expérience des mécanismes communautaires, ils ont été intercallés dans la liste entre d'anciens pays membres. Ainsi, l'initiative autrichienne, si elle est continuée, permettra une entraide des présidences des anciens et des nouveaux qui sera forcement bénéfique.
Elle tient aussi à la création d'une agence pour la protection des droits de l'Homme dont il faudra vérifier qu'elle ne fait pas double usage avec les agences du Conseil de l'Europe.
- l'élargissement: on sait que l'Autriche est le pays le plus réticent à l'adhésion turque. Elle a lié son accord au processus d'adhésion de la Croatie. Maintenant, elle va devoir gérer la négociation des premiers châpitres de l'acquis communautaire avec les deux pays.
Par ailleurs, selon le Figaro (article d'Alexandrine Bouilhet [31 décembre 2005]) , la Commission serait en train de rédiger un rapport sur les frontières de l'Europe dans lequel serait définies une fois pour toutes, et noir sur blanc, les limites géographiques du projet européen. Il semblerait que le commissaire allemand Günter Verheugen, dont l'influence sera importante sur le rapport soit pour les adhésions turques et balkaniques mais ni ukrainiennes et caucasiennes. Ce rapport devrait être remis au sommet de printemps (23 et 24 mars) et servir de base à une décision du Conseil Européen, sous présidence autrichienne.
- les relations avec les pays d'Europe du Sud Est: L'Autriche, au coeur de l'Europe à 25, veut que celle s'engage fortement dans la stabilisation des Balkans. Et ce d'autant plus que le Monténégro doit tenir un referundum sur son maintien dans la fédération yougoslave avec la Serbie dans la première moitié de l'année 2006.
Par ailleurs, les négociations sur le statut du Kosovo vont reprendre et des accords de stabilisation et d'association sont en négociation avec plusieurs pays de la région, comme l'Albanie.
- la subsidiarité (mais qu'est ce que la subsidiarité?). C'est, dans la vision autrichienne, l'un des enjeux du débat européen. c'est pour cela qu'elle va tenir une conférence sur le sujet du 17 au 19 avril.
- l'avancée de certaines législations européennes: la directive "services", les questions de sécurité et de lutte anti-terroriste et la directive "temps de travail".
voici les principaux enjeux de la présidence autrichienne de l'Union Européenne. 6 ans la mise au banc des nations européennes due à l'alliance de son gouvernement avec l'extrême droite de Haider, l'Autriche porte une partie des espoirs d'une relance du processus européen. Elle prendra à coeur sa mission et paraît pour l'instant enthousiaste. Souhaitons lui bonne chance !
Par ailleurs, Nouvelleurope vous souhaite aussi une excellente année 2006 !!!
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pour aller plus loin:
- le site de la présidence autrichienne
- l'étude de Notre Europe sur la présidence autrichienne
Philippe
18:48 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe



