23 janvier 2006
Résolution du Parlement européen sur le handicap et le développement
Mis en ligne le lundi 23 janvier 2006
Source : Parlement Européen
Le Parlement européen ,
vu l’article 13 du traité CE,
vu les articles 21 et 26 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui définissent les droits des personnes handicapées,
vu l’article 6 du traité sur l’Union européenne et l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
vu les résolutions de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE du 1er novembre 2001 sur les droits des personnes handicapées ou âgées dans les pays ACP(1) et du 21 mars 2002 sur les questions de santé, la jeunesse, les personnes âgées et les personnes souffrant d’un handicap(2),
vu sa résolution du 3 septembre 2003 sur la communication de la Commission intitulée "Vers un instrument juridiquement contraignant des Nations unies destiné à promouvoir et protéger les droits et la dignité des personnes handicapées" (COM(2005)16)(3),
vu les objectifs du Millénaire pour le développement définis par les Nations unies (résolution 60/1 de l’Assemblée générale sur les résultats du Sommet mondial de 2005, du 16 septembre 2005),
vu la résolution WHA 58.23 de l’Organisation mondiale de la santé, sur les incapacités, y compris la prévention, le traitement et la réadaptation, adoptée le 25 mai 2005,
vu les règles pour l’égalisation des chances des handicapés adoptées par les Nations unies (résolution 48/96 de l’Assemblée générale du 20 décembre 1993),
vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant,
vu le Programme d’action mondiale concernant les personnes handicapées adopté par les Nations unies (résolution 37/52 de l’Assemblée générale du 3 décembre 1982),
vu la décennie Asie-Pacifique des personnes handicapées (1993-2002), la décennie africaine des personnes handicapées (2000-2009), la nouvelle décennie Asie-Pacifique des personnes handicapées (2003-2012) et l’Année européenne des personnes handicapées (2003),
vu la note d’orientation de la Commission sur le handicap et le développement à l’intention des services et des délégations de l’Union européenne, datée de mars 2003 (ci-après la "note d’orientation de la Commission")(4) ,
vu l’article 108, paragraphe 5, de son règlement,
A. considérant que les personnes handicapées dans les pays en développement, en particulier les femmes et les enfants, sont souvent les plus pauvres, les plus défavorisées et les plus exclues de la société, et que celles-ci sont souvent exclues de l’aide au développement ; que la Banque mondiale estime que 20 % des personnes les plus pauvres à travers le monde sont handicapées,
B. considérant que les Nations unies estiment que les personnes handicapées représentent entre 7 et 10 % de la population d’un pays, et que le réseau d’information sur la population des Nations unies estime que sur 800 millions de personnes, près de 50 millions d’entre elles sont handicapées en Afrique,
C. considérant qu’il sera impossible de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement définis par les Nations unies sans une intégration expresse et proactive de personnes handicapées de tous âges,
D. considérant que la note d’orientation de la Commission souligne la nécessité de garantir l’accès des personnes handicapées à toutes les politiques et initiatives soutenues par les délégations de l’Union européenne et l’intégration de ces personnes dans ces politiques et initiatives,
E. considérant que la Commission participe aux négociations sur le projet de convention des Nations unies pour la promotion et la protection des droits et de la dignité des personnes handicapées (ci-après le "projet de convention des Nations unies") et qu’il est souhaitable que cette convention soit adoptée à bref délai,
F. considérant que l’engagement de l’Union européenne dans la lutte contre les discriminations fondées sur l’âge, la race, l’origine ethnique, le handicap, la religion, le genre et l’orientation sexuelle doit être un principe directeur d’une approche du développement fondée sur les droits,
G. considérant que malnutrition, accidents, traumatismes, conflits, maladies (contagieuses, non contagieuses ou congénitales) et vieillissement sont autant de causes de handicaps et de déficiences, dont pas moins de la moitié sont évitables et sont directement liées à la pauvreté,
H. considérant que les engagements pris en faveur de l’’’Éducation pour tous" prévoient notamment de favoriser l’égalité d’accès à l’enseignement pour les personnes handicapées et leurs familles,
I. considérant que l’accessibilité des bâtiments pour les personnes handicapées - en particulier écoles, lieux de travail et immeubles publics - est importante, mais que, surtout dans le cadre des actions de reconstruction entreprises à la suite de secours d’urgence, les urbanistes omettent souvent d’adapter la conception de l’environnement construit aux besoins des personnes handicapées,
J. considérant que les groupes représentatifs des personnes handicapées peuvent et doivent prêter main forte et être consultés en matière de définition des politiques et représenter, au sein d’instances consultatives, les intérêts des personnes handicapées ; que l’on n’a pas suffisamment permis à ces dernières et à leurs organisations de participer à l’élaboration des documents de stratégie par pays émanant de la Commission,
1. souligne que la Commission devrait prendre en compte les questions de handicap dans ses actions de développement et dans ses programmes spécifiques conçus pour s’attaquer aux questions de la prévention, de la prise en charge, de l’autonomisation et de la lutte contre le rejet social ;
2. estime que les questions de handicap doivent être traitées à tous les niveaux, du stade de la définition des politiques jusqu’aux stades de l’exécution et de l’évaluation, en ce compris des actions de suivi de la déclaration sur la politique de développement de l’Union européenne et du plan d’action de l’Union européenne pour l’Afrique ;
3. invite la Commission à élaborer un plan d’action technique détaillé pour mettre en œuvre sa note d’orientation, y compris des orientations relatives à des actions sectorielles inclusives et un manuel de gestion inclusive des cycles de projets, un module de formation à l’intention des services et des délégations et des rapports annuels au Parlement et au Conseil ;
4. invite la Commission à s’assurer que des ressources suffisantes sont allouées à des actions spécifiquement liées au handicap et destinées :
| - | à examiner dans quelle mesure les besoins des personnes handicapées sont pris en compte par les politiques communautaires de coopération au développement en matière d’éducation, de santé, d’emploi, d’infrastructures et de réduction de la pauvreté, | |
| - | à entreprendre des actions en ce domaine en suivant les démarches préconisées par la note d’orientation de la Commission, | |
| - | à accroître, parmi tous les acteurs engagés dans les activités communautaires de coopération au développement, la prise de conscience des questions liées au handicap et de la promotion et la protection des droits de l’homme fondamentaux dont bénéficient les personnes handicapées dans les pays en développement ; |
5. invite la Commission à inclure le handicap, et les personnes handicapées, dans les prochains programmes communautaires géographiques ou thématiques au titre du futur instrument de coopération au développement ;
6. invite le Conseil et la Commission à soutenir l’introduction, dans le projet de convention des Nations unies précité, d’un article distinct relatif à la coopération internationale en tant que fondement nécessaire aux actions de collaboration entre pays en développement ainsi qu’entre ces pays et l’Union européenne ;
7. estime que l’année 2007, Année européenne de l’égalité des chances pour tous, devrait offrir à l’Union européenne l’occasion de formuler ses valeurs dans ses actions et politiques externes ; invite la Commission à présenter une initiative particulière sur la non-discrimination et les droits des personnes handicapées dans la coopération au développement ;
8. invite la Commission à participer activement aux campagnes soutenues par l’OMS afin de lutter contre les incapacités évitables, telles que "Vision 2020", la campagne de l’OMS visant à éliminer la cécité évitable dans le monde d’ici à 2020, l’initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, la stratégie globale pour alléger le fardeau de la lèpre et soutenir les activités pour son contrôle (2006-2010) et le programme mondial pour l’élimination de la filariose lymphatique ;
9. invite la Commission à introduire la dimension du handicap dans ses politiques et programmes sanitaires, en particulier dans les domaines de la santé infantile, de la santé sexuelle et reproductive, de la santé mentale, du vieillissement, du VIH/SIDA et des états chroniques ;
10. invite la Commission, dans ses politiques en matière de développement, et les gouvernements à promouvoir l’accès des personnes handicapées à la technologie d’assistance et l’égalité d’accès à tous les programmes et services de santé ;
11. invite la Commission à concentrer ses efforts sur la prévention des handicaps, sachant que l’on estime à 100 millions le nombre de personnes à l’échelle mondiale souffrant de déficiences causées par la malnutrition et des conditions sanitaires médiocres, que ces déficiences sont donc évitables, et que l’on pourrait éviter près de 70 % des cas de cécité infantile en Asie et en Afrique ;
12. invite la Commission, dans ses politiques en matière de développement, et les gouvernements à aider les pouvoirs publics à détecter les handicaps le plus précocement possible et à intégrer les programmes de réadaptation à base communautaire dans le secteur des soins primaires de santé ;
13. insiste sur le fait que l’éducation des enfants et des jeunes handicapés fait partie intégrante de l’objectif d’assurer à tous une éducation primaire, notamment grâce à des services d’aide et d’intervention précoces et à une formation destinée aux familles des enfants handicapés ; met l’accent sur la vaste conception de l’éducation que défend l’UNESCO et qui vise une pleine intégration dans la société ;
14. invite la Commission et les délégations de l’Union européenne à soutenir la formation professionnelle, les services de placement et les services de développement des entreprises au travers de projets de la société civile qui incluent pleinement les personnes handicapées, et à encourager les pays en développement à ratifier la convention sur la réadaptation professionnelle et l’emploi des personnes handicapées de l’Organisation internationale du travail (1983) ;
15. soutient pleinement la lutte mondiale visant à éradiquer les mines terrestres antipersonnel et d’autres systèmes d’armes connexes controversés, comme les sous-munitions à fragmentation, compte tenu de leurs conséquences en particulier pour les enfants qui en sont victimes ; invite le Conseil et la Commission à adopter des mesures urgentes et décisives à l’encontre des pays qui continuent de fabriquer, de vendre ou d’utiliser des mines terrestres ; invite le Conseil et la Commission à donner la priorité à l’élimination des mines terrestres dans les pays en développement ;
16. invite la Commission à s’assurer que les nouveaux projets de bâtiment financés par l’Union européenne respectent systématiquement les normes de l’Organisation internationale de normalisation en matière de "design accessible", afin de les rendre accessibles à tous ;
17. invite les délégations de la Commission à faire des efforts spécifiques dans le but de faciliter la fondation et le renforcement des organisations de personnes handicapées et à garantir que celles-ci participent à la consultation et à la rédaction des prochains documents de stratégie par pays ;
18. invite la Commission à veiller à ce que les personnes handicapées ne soient plus exclues des programmes communautaires de coopération au développement et à rechercher activement leur inclusion dans tous les programmes communautaires d’élimination de la pauvreté ;
19. demande à la Commission et aux gouvernements nationaux de recueillir des chiffres sur la proportion et le statut (y compris l’âge et le sexe) des personnes handicapées vivant dans la pauvreté, en formation, comme salarié ou en tant que travailleur indépendant et sur l’impact sur les personnes handicapées des projets et des politiques en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de réduction de la pauvreté ;
20. invite les chercheurs, y compris ceux travaillant dans le domaine médical et socio-économique, à redoubler d’efforts et à harmoniser leurs travaux afin d’améliorer les données et les recherches, car elles sont capitales pour faire passer le handicap au premier rang des priorités en matière économique, de protection sociale et de développement ;
21. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres ainsi qu’au conseil des ministres ACP-UE, à l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, à l’ONU, à l’Unesco et à l’Union africaine.
| (1) | JO C 78 du 2.4.2002, p. 64. |
| (2) | JO C 231 du 27.9.2002, p. 55. |
| (3) | JO C 76 E du 25.3.2004, p. 231. |
| (4) | Note d’information au personnel des DG DEV/RELEX/AIDCO et des délégations de la Communauté européenne, final D1256. |
17:55 Publié dans Politiques Sociales de l'Union | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe



Commentaires
nous nous interessons a l aide aux personnes dependantes
voici uen workshop européen
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http://www.salgues.net/?p=418
bonne lecture
Ecrit par : salgues | 18 février 2006
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