« Début du procès Microsoft contre Commission à Luxembourg | Page d'accueil | Innovation industrielle: Chirac lance ses six premiers "grands projets" »

24 avril 2006

Victoire historique du centre gauche en Hongrie

Les législatives de dimanche ont donné la victoire au gouvernement sortant. Une victoire personnelle pour son leader charismatique, Ferenc Gyurcsany, blairiste affiché, blogueur et fan de rock.

par Véronique SOULE
LIBERATION.FR : lundi 24 avril 2006 - 12:59

medium_image_t5_65512.jpgLa coalition de centre-gauche a remporté une victoire historique à l'issue du second tour des législatives, dimanche. Elle est devenue le premier gouvernement hongrois à décrocher un deuxième mandat depuis la chute du communisme en 1989, consolidant même sa majorité au Parlement. Il s'agit d'une victoire personnelle du Premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsany, propulsé en 2004 à la tête d'un gouvernement alors au plus bas dans les sondages.
Le parti socialiste de Gyurcsany et son petit allié libéral, les Démocrates libres, ont obtenu 211 mandats – contre 198 dans la précédente législature – sur un total de 386 sièges. Les conservateurs du Fidesz, emmenés par l'ex-Premier ministre Viktor Orban, essuient une défaite cuisante, avec 164 élus. Le petit Forum démocratique (droite), qui a refusé de faire alliance avec le Fidesz, place 11 élus. Le taux de participation s'est élevé à 64,3%, contre 67,8% au premier tour.

Premier ministre rocker
Le charismatique Ferenc Gyurcsany, 44 ans, peut ainsi se targuer d'avoir sauvé les socialistes d'un déclin qui semblait inexorable. Ancien patron des Komsomols (les jeunesses communistes) sous l'ancien régime, il a fait fortune durant la transition engagée au début des années 90. Décomplexé, anglophone parfait et amateur de rock, il se veut moderne et symbole de la réussite à laquelle chaque Hongrois devrait aspirer. Durant la campagne, il a tenu un blog quotidien, très suivi par les internautes. Blairiste affiché, il est partisan d'une troisième voie où les injustices d'une économie de marché sont corrigées par des mesures sociales. A l'approche des élections, il s'est toutefois gardé de réformes trop brutales.
Il va maintenant se trouver confronté à des choix difficiles. Le pays, membre de l'Union Européenne depuis le 1er mai 2004, accuse un lourd déficit budgétaire, le plus important parmi les Vingt-Cinq (6,1% du PIB), ce qui repousse la perspective de son entrée dans la zone euro. Pour les économistes, il est impérieux de lancer une politique visant à le réduire, faute de quoi la Hongrie risque une crise financière.

Kennedy bis
«L'important n'est pas de savoir ce que la Hongrie peut faire pour vous, mais ce que nous pouvons donner à la nation», a-t-il déclaré devant des militants socialistes à l'annonce de la victoire, paraphrasant le président américain John Kennedy. «Ce que nous avons gagné, ce n'est pas le pouvoir, c'est la responsabilité et le travail», a-t-il ajouté sans toutefois donner d'indications sur les prochaines mesures de son gouvernement.
«Ceux qui unissent leurs forces gagnent, les perdants sont ceux qui ne sont pas capables de coopérer», a commenté, quelque peu amer, Viktor Orban, 42 ans. Le leader de l'opposition, qui subit son deuxième échec électoral depuis 1998, a ainsi fait porter la responsabilité de la défaite sur le Forum démocratique, qui avait refusé une alliance. Il a proposé lundi matin de démissionner de la présidence de son parti. «Je prends la pleine responsabilité pour la campagne, pour toutes les erreurs», a-t-il déclaré.

 

 

---------------------

 

Déficit: Bruxelles rappelle à l'ordre le nouveau gouvernement hongrois 

[ 24/04/06  - 13H22 - AFP  ]

La Commission européenne a une nouvelle fois rappelé à l'ordre la Hongrie lundi sur la question de son déficit public excessif, alors que la coalition socialiste-libérale du Premier ministre sortant Ferenc Gyurcsany a remporté les élections législatives dimanche.
Soulignant que la Hongrie avait enregistré en 2005 "le plus important déficit public de l'Union européenne", Amélia Torrès, la porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia, a rappelé que Budapest devait soumettre un "nouveau programme de convergence avant le 1er septembre" qui soit plus convaincant que celui présenté en janvier.
La Hongrie a enregistré l'an dernier un déficit public de 6,1% du PIB, selon le chiffre publié ce lundi par l'office européen des statistiques Eurostat. Or le pacte européen de stabilité et de croissance stipule que le déficit public ne doit pas dépasser 3% du PIB.
Budapest, qui est en conséquence sous le coup d'une procédure de déficit excessif, s'est engagée à ramener son déficit dans les clous du pacte d'ici à fin 2008.

 

Ecrire un commentaire