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25 mai 2006
L’Union Européenne en panne de locomotive
Par Rafaël Lecer
EDITO - La construction européenne est une affaire de locomotive : «Trouvez nous la bonne motrice et nous avancerons», telle pourrait être la leçon de 50 ans d’intégration communautaire. Le moins que l’on puisse dire en ce début de 21ème siècle est que l’Europe n’avance pas: mais où est la locomotive ?La France à souvent joué ce rôle là. Mais Dominique de Villepin, l’actuel Premier Ministre français, embourbé dans l’affaire Clearstream, un scandale complexe où il est question de comptes off shore et de tentatives de déstabilisation entre rivaux du même parti, ne risque pas de jouer un rôle moteur au niveau européen. Ce n’est pas non plus Jacques Chirac, un président usé, à bout de souffle et dont le seul projet semble être de terminer son mandat en évitant de nouveaux scandales qui pourra jouer le moindre rôle dans une relance du projet européen. Les leaders Français, ces temps ci, quand bien même auraient ils un projet pour l’Europe, n’ont pas de légitimité pour le mener. Le 10 mai dernier, Dominique de Villepin et Tony Blair avaient rendez-vous à Londres pour une discussion en tête-à-tête. Ont-ils parlé d’Europe ? Peu probable ! Le point commun entre les deux hommes semble plutôt être leur cote de popularité – au plus faible – et leur qualité de futur « ex » chef de gouvernement. Mr Blair a tenu entre ses mains l’été dernier, à l’occasion de la présidence anglaise de l’UE, une occasion de mettre en œuvre un projet pour l’Union, mais il n’a pas su saisir cette opportunité, elle ne se représentera pas. En Italie, le passage en arrière-plan de Mr Berlusconi est une bonne nouvelle pour l’Europe, Mr Berlusconi s’étant plutôt illustré par ses penchants Atlantistes et son incapacité à se projeter dans un projet Européen, son seul projet étant probablement lui-même. Mais Romano Prodi devrait probablement dans un premier temps se concentrer sur l’Italie plutôt que sur la relance d’un projet Européen. En Allemagne, Angela Merkel a appelé récemment à une « refondation de l’Union ». Mais que pourra-t-elle faire seule ? Faut-il alors compter sur la Commission ? Celle-ci a parfois joué un rôle important dans la construction de l’Union, mais qui croira que Mr Barroso laissera son nom dans l’histoire de l’Union comme étant l’homme d’une relance politique ? L’idée qui domine est que tant que les grands pays de l’Union sont en panne de projet Européen, rien ne bougera. Or, ces pays sont en panne par faute de leader comme en France, mais plus profondément par faute d’un contexte favorable. Croissance en panne, chômage: le temps n’est pas à l’Utopie Européenne mais aux contraintes et aux réformes internes. Faudra t il donc attendre 5 ou 10 ans pour qu’une nouvelle classe politique, jouissant d’un contexte plus favorable et d’une orientation plus europhile redonne à ces pays leur rôle de leader de la construction européenne ? La seule alternative réside dans la naissance d’une nouvelle classe politique européenne, dont les projets et la vocation soient indépendants de la situation politique et économique d’un pays donné: des leaders politiques Européens. Les prochaines élections européennes pourraient en être l’occasion: pour la première fois, des candidats se présenteront en se réclamant non pas d’une vision nationale mais d’une vision strictement européenne. Car la nouveauté sera la présence de listes Newropeans dans chaque pays de l’Union, porteuses de la même vision, du même programme, porteuses d’un projet pour l’Europe qui ne dépende pas de la santé économique et politique des grands pays du continent puisqu’il représentera tous les pays à la fois. Dans une Union à 25, c’est peut-être le type de locomotive le plus réaliste pour l’avenir. Rafaël Lecerf * Paris (France) |
13:30 Publié dans Europe puissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Europe
Commentaires
Croissance en panne ?
La croissance mondiale est aux environs de 4,5% l'an. D'ou les tenssions sur le pétrole, l'acier etc..
Le Portugal, la France, l'Allemagne et l'Italie ont certes du mal a profité de ce boom économique à l'échelle de la planéte.
Et c'est pourquoi il est temps de réagir car si une vrai crise économique survenait, alors oui nous connaitrions des temps vraiment difficiles.
Ecrit par : borneo | 27 mai 2006



EDITO - La construction européenne est une affaire de locomotive : «Trouvez nous la bonne motrice et nous avancerons», telle pourrait être la leçon de 50 ans d’intégration communautaire. Le moins que l’on puisse dire en ce début de 21ème siècle est que l’Europe n’avance pas: mais où est la locomotive ?