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28 août 2006

L'Europe joue sa crédibilité politique et militaire au Liban

 
La moitié au moins du nouveau dispositif militaire de l'ONU sera fournie par l'Union européenne. Une initiative audacieuse mais risquée pour les 25, qui aspirent à compter sur la scène internationale.

Plus de 7.000 soldats fournis par neuf pays européens, dont la France qui a finalement accepté de diriger le dispositif, auxquels viendront s'ajouter diverses contributions militaires apportées par d'autres États du Vieux Continent, vont constituer la " colonne vertébrale " de la Finul II, la force intérimaire " renforcée " des Nations unies qui doit être déployée au Liban en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. C'est autour de ce " noyau dur ", sur lequel se sont engagés les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE), le 25 août à Bruxelles, que le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, espère pouvoir mettre en place rapidement une " force crédible " sous commandement français jusqu'au 3 février, avant de passer le relais à l'Italie.

Seul l'avenir dira si, par cette première démarche collective d'une telle ampleur et par cet engagement majeur dans une opération à hauts risques militaires et politiques, les Vingt-Cinq ont enfin réussi à faire de l'UE un acteur de poids sur la scène internationale. Les Européens n'ont certes pas été absents jusqu'ici au Moyen-Orient. Ni militairement, puisque des contingents de plusieurs États membres participaient à la Finul.

Ni politiquement, car bien des avancées dans la région leur sont dues, comme la création du Quartet, où ils se retrouvent aux côtés de l'ONU, des Américains et des Russes, la " feuille de route " qui définit les étapes d'une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien et, surtout, l'acceptation par Tel-Aviv et Washington de la création, au terme de ce processus, d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

"Opportunité historique." C'est, en revanche, la première fois que les Vingt-Cinq ne partent pas en ordre dispersé et saisissent l'opportunité de donner une dimension résolument " européenne " à une telle initiative. " L'Union européenne est en train de prouver qu'elle devient une union politique ", a ainsi commenté le ministre Philippe Douste-Blazy. Si l'Union se montre effectivement " à la hauteur des attentes ", comme l'a estimé son collègue finlandais et président du Conseil, Erkki Tuomioja, reste pour nombre d'experts le risque très sérieux, dans cette poudrière libanaise, que ce que l'Espagnol Miguel Angel Moratinossi qualifie d'" opportunité historique " puisse tourner au fiasco. Surtout, estiment ces spécialistes, si les Vingt-Cinq se cantonnent dans cette fonction périlleuse de " gardiens de la paix " onusiens au lieu de s'appuyer sur cet engagement fort pour développer une action diplomatique résolue qui fasse prévaloir leurs vues sur une paix durable dans la région.

Les Italiens seront les plus nombreuxParmi les plus importantes contributions, l'Italie arrive en tête avec de 2.000 à 3.000 hommes, suivie par la France qui en a prévu 2.000. L'Espagne en mobilisera de 1.000 à 1.200. Puis viennent la Pologne (jusqu'à 500 hommes), la Belgique (300 puis 400), la Finlande (250), la Suède et la Norvège. Le Royaume-Uni compte envoyer des unités " spécialisées " et assurera une couverture aérienne (2 Hawaks, 6 Jaguar). La Grèce mise sur ses forces spéciales et le Luxembourg sur ses unités de déminage. D'autres contributions sont prévues de l'Allemagne, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Grèce et de la Norvège.

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