10 février 2009

Élections européennes : le PS doit montrer un nouveau visage !

Tribune parue sur Mediapart

Vous pouvez la signer ici

drapeau.jpgEn juin, les élections européennes seront le prochain test important pour le Parti socialiste. Au-delà même des résultats, la façon d'aborder ces élections sera un signe extrêmement révélateur de notre nouvelle manière faire de la politique. Alors que l'UMP fait du mandat européen un placard doré pour politiques en disgrâce, nous devons au contraire y démontrer nos ambitions nouvelles : être en phase avec la société et répondre aux inquiétudes de nos concitoyens. Avec le Manifesto du PSE (Parti socialiste européen), nous sommes les seuls (avec les European Greens) à avoir un programme européen unique, rédigé par les militants de tous les États membres.

Incontestablement, l'Europe traverse une crise d'identité et la présidence française de l'Union européenne n'aura fait qu'amplifier ce mouvement de replis nationaux. Si Nicolas Sarkozy a su faire beaucoup parler de lui, il aura finalement peu parlé de projet commun, d'unification politique, de démocratisation. La crise internationale et le bilan du Président débouchent sur une situation politique favorable pour la gauche européenne à condition qu'elle sache présenter un nouveau visage.

Qu'en est-il aujourd'hui ? On constate que les eurodéputés français apparaissent souvent aux électeurs inactifs et peu présents. Ce constat est généralement injuste tant les membres du PSE sont de tous les combats. Mais cette perception peut s'expliquer par le fait qu'en Europe nos élus sont parmi ceux qui cumulent le plus...

Notre première secrétaire, Martine Aubry, a fixé comme critères internes de désignation : « le renouvellement, la diversité et le non-cumul des mandats ». Est-ce l'ébauche de ce renouvellement nécessaire ? Nous le souhaitons et nous invitons notre Parti à ce que cette impulsion se trouve enfin concrétisée.

Le problème fondamental de la gauche d'aujourd'hui est celui du renouvellement générationnel. Il est la clé pour aborder tous les autres critères définis par Martine Aubry. C'est le levier qui résoudra, de fait, la question de la « diversité ». Aborder le problème du manque de représentativité des minorités au sein des assemblées parlementaires en voulant « fabriquer de la diversité », dusse-t-elle être artificielle comme aujourd'hui au sein gouvernement, n'est pas sain. Cette conception de la République n'est pas la nôtre. Elle ouvre la voie à la politique du comptage avec tous les effets pervers que cela entraîne. Nous sommes pour une diversité qui soit issue du terrain et du militantisme, non du fait du prince et des effets de cour. Il est d'ailleurs intéressant de découvrir à l'occasion de cette échéance européenne qu'en cas de disgrâce, la punition préférée du nouveau « monarque » est le mandat européen... Cela en dit long sur la vision européenne de la droite française !

Les générations auxquelles nous appartenons sont des générations qui ont grandi dans la diversité. Le concept même de génération « black-blanc-beur » n'a plus de sens tant le métissage est partie intégrante de notre culture. Faire la place à cette génération dans les instances politiques, c'est automatiquement accepter cette France du réel.

Faire de la place aux jeunes n'est pas tomber dans une forme de « jeunisme » qui serait au moins aussi absurde que le spectacle actuel d'une Assemblée monocolore. Nous devons mieux coller à notre société en mettant en avant des compétences plus ancrées dans notre vie sociale, et surtout en mettant en place ce que tous les socialistes appellent de leur vœux : le non-cumul des mandats !

Si nous avons conscience des rapports de force électoraux et parfois de la nécessité de présenter un « baron local » pour gagner parce que le non-cumul n'est pas encore inscrit dans la loi, en interne, refusons la « politique des rentiers », tout comme nous condamnons le « capitalisme de rente » !

Pour toutes ces raisons, animés d'un très fort sentiment européen, nous souhaitons interpeller les militants, les dirigeants du Parti socialiste mais aussi l'ensemble des responsables politiques français à travers le soutien à des candidatures différentes, transparentes, inédites.

Signataires : Nicolas Cadène (CN et CF 30), Bastien Brunis (Paris), Kamel Chibli (CN et CF 09), M'jid El Guerrab (CF 15), Sébastien Gros (91), Akli Mellouli (CN et CF 94), Benjamin Mathéaud (SF 30), Mustapha Mousalli (CF 18), Anthony Pitalier (CF 24), Aziz Ridouan (49), Zacharia Saha (95)

02 décembre 2008

Le PSE ne présente aucun candidat à la présidence de la Commission...

Le PSE a refusé de nommer un candidat issu de ses rangs pour concourir à la présidence de la Commission européenne. Sans doute de peur de le voir refusé par le Conseil européen et d'échouer aux élections de juin 2009.

Cela est tout à fait exact. Nous savons que l'Union est très majoritairement à droite et qu'un candidat de gauche aurait très peu de chance d'être désigné par une majorité des États membres. Cependant, le candidat du Conseil européen doit obtenir un vote positif du nouveau Parlement européen. Si le PSE choisissait un candidat, il exprimerait son refus d'un nouveau mandat de Barroso et cela signifierait l'impossibilité pour lui d'être reconduit si nous gagnons les élections européennes.

Bref, ne pas présenter de candidat est sans doute un choix catastrophique en terme de message politique. Les citoyens de l'Union se reconnaissant dans la gauche démocratique ont de quoi se sentir floués, car de facto, le PSE soutient la reconduction du sortant José-Manuel Barroso. C'est aussi une occasion perdu pour les socialistes européens de se doter, médiatiquement, d'une "tête", d'un porte-parole.

Deux des derniers chefs de gouvernement socialiste en Europe, l'espagnol José Luis Rodríguez Zapatero (on indiqua ensuite que c'était "par politesse"...) et le portugais José Sócrates ont annoncé leur appui à cette hypothèse, comme l'avait fait avant eux de nombreux gouvernements de droite, dont Nicolas Sarkozy.

Du coup, on ne peut être que fort dubitatif en parcourant les termes du "manifeste 2009" adopté : "une nouvelle direction pour l'Europe", choisir entre "une Europe progressiste" et "une Europe conservatrice", placer "le peuple d'abord", etc. Tout ceci, avec le candidat de la droite...

Il y a là une sorte de lâcheté du PSE. Du moins, c'est ainsi que cela est perçu. Il est certain que cette décision ne peut que semer le doute dans l'électorat : en acceptant le fait accompli, plus de six mois avant l'élection européenne, les responsables sociaux-démocrates européens envoient un signe particulièrement négatif en avalisant la désignation du nouveau président de la Commission avant que qui que ce soit n'ait eu l'occasion de voter.

Nous ouvrons donc grand la porte, d'une part aux partis libéraux (au sens européen), démocrates et écologistes qui s'opposent à Barroso (ce qui n'est pas très grave) et d'autre part, aux partis nationalistes en faisant d'eux une des principales forces (si ce n'est la principale) d'opposition au niveau du débat public européen (ce qui est grave).

C'est vers l'abstention massive que l'on pousse l'électorat de gauche. Si certains avaient une volonté délibérée de saboter l'élection européenne, le moment du choix démocratique sur les orientations de l'Union, on peut se demander s'ils auraient fait mieux.

Les initiatives sur Internet contre la nouvelle candidature de Barroso sont notamment :
http://www.anyonebutbarroso.eu/fr+en+de/
http://www.facebook.com/group.php?gid=36761086823

29 mai 2008

Participons !

Bien qu'absent de ce blog, je tiens à le maintenir ouvert tant les sujets traités dans les différents articles datant de 2005 à 2008 restent d'actualité (européenne) !

Par ailleurs, les différentes fiches "techniques" peuvent toujours s'avérer utiles à certains. 

Enfin, j'invite tout le monde à participer au "manifesto2009" lancé par le Parti Socialiste Européen (PSE) : démarche innovante au niveau de l'Union consistant à impliquer tous ceux qui souhaitent s'investir dans le projet européen, en vue de la rédaction pour les élections au Parlement Européen de 2009 d'un programme ambitieux axé autour de 4 grands thèmes : la démocratie et la diversité, la nouvelle Europe sociale, la sauvegarde de la planète, l'Union dans le monde. 

C'est ici