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<title>Oui à l'Europe et à une Constitution - europe_puissance</title>
<description>Promotion de l'Europe en France et lutte contre le populisme et la démagogie</description>
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<lastBuildDate>Thu, 12 Feb 2009 19:42:01 +0100</lastBuildDate>
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<title>L’Union Européenne en panne de locomotive</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (Nicolas)</author>
<category>Europe puissance</category>
<pubDate>Thu, 25 May 2006 13:30:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.newropeans-magazine.org/index.php?ordering=newest&amp;amp;searchword=Rafa%C3%ABl+Lecerf&amp;amp;submit=Search&amp;amp;searchphrase=exact&amp;amp;option=com_search&quot; target=&quot;_self&quot;&gt;Rafaël Lecer&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.newropeans-magazine.org/index.php?option=com_content&amp;amp;task=view&amp;amp;id=4043&amp;amp;Itemid=110&quot;&gt;&lt;i&gt;Sur Newropeans&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.newropeans-magazine.org/index.php?ordering=newest&amp;amp;searchword=Rafa%C3%ABl+Lecerf&amp;amp;submit=Search&amp;amp;searchphrase=exact&amp;amp;option=com_search&quot; target=&quot;_self&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; &lt;table class=&quot;contentpaneopen&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; colspan=&quot;2&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img width=&quot;50&quot; hspace=&quot;6&quot; height=&quot;55&quot; border=&quot;0&quot; align=&quot;left&quot; src=&quot;http://www.newropeans-magazine.org/images/stories/team/rafael_lecerfsmall.jpg&quot; alt=&quot;Image&quot; title=&quot;Image&quot; /&gt; &lt;b&gt;EDITO&lt;/b&gt; - La construction européenne est une affaire de locomotive : «&lt;i&gt;Trouvez nous la bonne motrice et nous avancerons&lt;/i&gt;», telle pourrait être la leçon de 50 ans d’intégration communautaire. Le moins que l’on puisse dire en ce début de 21&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle est que l’Europe n’avance pas: mais où est la locomotive ?&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; La France à souvent joué ce rôle là. Mais Dominique de Villepin, l’actuel Premier Ministre français, embourbé dans l’affaire Clearstream, un scandale complexe où il est question de comptes off shore et de tentatives de déstabilisation entre rivaux du même parti, ne risque pas de jouer un rôle moteur au niveau européen. Ce n’est pas non plus Jacques Chirac, un président usé, à bout de souffle et dont le seul projet semble être de terminer son mandat en évitant de nouveaux scandales qui pourra jouer le moindre rôle dans une relance du projet européen. Les leaders Français, ces temps ci, quand bien même auraient ils un projet pour l’Europe, n’ont pas de légitimité pour le mener.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le 10 mai dernier, Dominique de Villepin et Tony Blair avaient rendez-vous à Londres pour une discussion en tête-à-tête. Ont-ils parlé d’Europe ? Peu probable ! Le point commun entre les deux hommes semble plutôt être leur cote de popularité – au plus faible – et leur qualité de futur « ex » chef de gouvernement. Mr Blair a tenu entre ses mains l’été dernier, à l’occasion de la présidence anglaise de l’UE, une occasion de mettre en œuvre un projet pour l’Union, mais il n’a pas su saisir cette opportunité, elle ne se représentera pas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En Italie, le passage en arrière-plan de Mr Berlusconi est une bonne nouvelle pour l’Europe, Mr Berlusconi s’étant plutôt illustré par ses penchants Atlantistes et son incapacité à se projeter dans un projet Européen, son seul projet étant probablement lui-même. Mais Romano Prodi devrait probablement dans un premier temps se concentrer sur l’Italie plutôt que sur la relance d’un projet Européen.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En Allemagne, Angela Merkel a appelé récemment à une « refondation de l’Union ». Mais que pourra-t-elle faire seule ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Faut-il alors compter sur la Commission ? Celle-ci a parfois joué un rôle important dans la construction de l’Union, mais qui croira que Mr Barroso laissera son nom dans l’histoire de l’Union comme étant l’homme d’une relance politique ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’idée qui domine est que tant que les grands pays de l’Union sont en panne de projet Européen, rien ne bougera. Or, ces pays sont en panne par faute de leader comme en France, mais plus profondément par faute d’un contexte favorable. Croissance en panne, chômage: le temps n’est pas à l’Utopie Européenne mais aux contraintes et aux réformes internes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Faudra t il donc attendre 5 ou 10 ans pour qu’une nouvelle classe politique, jouissant d’un contexte plus favorable et d’une orientation plus europhile redonne à ces pays leur rôle de leader de la construction européenne ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La seule alternative réside dans la naissance d’une nouvelle classe politique européenne, dont les projets et la vocation soient indépendants de la situation politique et économique d’un pays donné: des leaders politiques Européens. Les prochaines élections européennes pourraient en être l’occasion: pour la première fois, des candidats se présenteront en se réclamant non pas d’une vision nationale mais d’une vision strictement européenne. Car la nouveauté sera la présence de listes Newropeans dans chaque pays de l’Union, porteuses de la même vision, du même programme, porteuses d’un projet pour l’Europe qui ne dépende pas de la santé économique et politique des grands pays du continent puisqu’il représentera tous les pays à la fois.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans une Union à 25, c’est peut-être le type de locomotive le plus réaliste pour l’avenir.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.newropeans-magazine.org/index.php?ordering=newest&amp;amp;searchword=Rafa%C3%ABl+Lecerf&amp;amp;submit=Search&amp;amp;searchphrase=exact&amp;amp;option=com_search&quot; target=&quot;_self&quot;&gt;&lt;br /&gt; Rafaël Lecerf&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; *&lt;a href=&quot;http://www.newropeans.org/&quot; target=&quot;_self&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;Paris (France)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt;
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<title>Union européenne : Borrell demande plus de concret</title>
<link>http://ouialeurope.blogspirit.com/archive/2006/04/03/union-europeenne-borrell-demande-plus-de-concret.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Nicolas)</author>
<category>Europe puissance</category>
<pubDate>Mon, 03 Apr 2006 21:33:29 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fenetreeurope.com/php/page.php?section=actu&amp;amp;id=5605&quot;&gt;Fenêtre sur l'Europe :&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://ouialeurope.blogspirit.com/images/medium_409f6a971dc97.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left;&quot; /&gt;Le président du Parlement européen, Josep Borrell, est un fédéraliste convaincu. Il l’a rappelé, vendredi 31 mars, à la Maison de l’Europe, à Paris. Sans ambages, il a montré que l’UE n’était pas encore &lt;i&gt;&quot;une vraie démocratie&quot;&lt;/i&gt; et que la politique communautaire revêtait &lt;i&gt;&quot;beaucoup de déclarations et d’objectifs&quot;&lt;/i&gt;, mais pas suffisamment de résultats.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; En cette période délicate pour l’Union européenne, le président du Parlement est venu à Paris pour participer à une &quot;Audition citoyenne&quot; . Organisé par Europanova et CaféBabel, ce débat a vu Josep Borrell appeler à davantage de fédéralisme ; à commencer par les moyens de financement de l’Europe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;&quot;Pour sortir du &quot;combien je donne, combien, je gagne&quot;, il faut de véritables ressources propres à l’Europe. Or, comme le capital est le facteur le plus mobile, c’est ça qu’il faut taxer au niveau européen&quot;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais pour relancer le projet européen, le président socialiste du Parlement juge aussi nécessaire que &lt;i&gt;&quot;l’Europe ne soit pas uniquement un marché&quot;&lt;/i&gt;. Car, répète-t-il en référence aux nombreuses polémiques sur les OPA, &lt;i&gt;&quot;ça bloque face aux identités nationales&quot;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La solution passe donc par une conscience plus aiguë de &lt;i&gt;&quot;l’identité européenne&quot;&lt;/i&gt;, qui, selon lui, fait défaut, aussi bien chez la population que chez les gouvernements des Etats membres et retarde la naissance d’une démocratie communautaire à part entière.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Conséquence : l’Europe doit durcir le ton : &lt;i&gt;&quot;Il faut passer de l’invocation à l’incitation et à la contrainte&quot;&lt;/i&gt;. Sinon, prévient-il en guise d’exemple, &lt;i&gt;&quot;la Stratégie de Lisbonne [ambitionnant de faire de l’Europe l’économie la plus compétitive du monde d’ici à 2010] restera un vœux pieux&quot;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Même reproche au sujet de l’immigration illégale. Alors que la Justice et les Affaires intérieures (JAI) sont théoriquement communautarisées, &lt;i&gt;&quot;dans la réalité, la JAI est bloquée en matière d’immigration illégale, car les règles sont très différentes d’un pays à l’autre&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
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<title>L'Europe puissance maintenant !</title>
<link>http://ouialeurope.blogspirit.com/archive/2006/02/24/l-europe-puissance-maintenant.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Nicolas)</author>
<category>Europe puissance</category>
<pubDate>Fri, 24 Feb 2006 12:15:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;!--tabueau réagissez à l'actu --&gt;Dans un article précédent, je traitais de l’adhésion de la Turquie au sein de l’Union européenne (mais dans un premier temps, à l’extérieur d’un «noyau dur» européen) et de son opportunité (d’ici une dizaine d’années) dans le cadre d’une «Europe puissance». &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://ouialeurope.blogspirit.com/images/medium_portrait.2.2.jpg&quot; /&gt;Mais qu’est-ce que l’on entend par «Europe puissance»?&lt;br /&gt; Tout d’abord, comment considérer la puissance?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour faire très succinct, la puissance en tant que telle reste un potentiel d’actions qui peut provoquer ou inhiber les actions des acteurs sur lesquels il s’exerce. Elle peut être positive en orientant des évolutions et aménageant des volontés déterminées. C’est aussi une façon d’organiser ses moyens au service de ses convictions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais parler de «puissance» quant à l’entité européenne ne paraît tout de suite pas très juste tant celle-ci est originale. En effet la construction européenne n’a pas de précédent historique. Elle n’est pas le produit de la force ou de la domination. Elle résulte de la libre volonté des gouvernants et des peuples décidés à mettre leur union au service de la paix et du droit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, la fondation des Communautés européennes marque la création d’une «Communauté de droit». Dépourvues logiquement des symboles de la puissance étatique, les Communautés ne disposent que du droit, puissant facteur centripète, pour imposer à leurs États membres la réalisation d’un projet d’intégration inédit par son ambition.&lt;br /&gt; Enfin, l’Europe n’évolue pas vers une forme politique préconçue qu’il s’agirait d’imposer. Le débat sur la meilleure organisation possible n’est pas clos, comme l’a montré celui sur le traité «constitutionnel» européen.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, l’expérimentation joue un grand rôle dans la définition du système politique européen, de sorte que, là encore, les précédents historiques sont de peu d’utilité.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi - et c’est malheureux - l’élargissement décidé par le Conseil européen de Copenhague en 2002 à dix nouveaux membres (Pologne, République Tchèque, Hongrie, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Malte et Chypre), que nous vivons depuis deux année, n’a en rien été devancé par un approfondissement de l’Union ni par une clarification de ses objectifs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Néanmoins, et les partisans du «non» à la Constitution l’ont souvent oublié, cet élargissement marquait la réconciliation «géographique» avec l’entrée en 2007 de la Roumanie et de la Bulgarie. Encore manque-t-il notamment pour des raisons judiciaires et d’instabilité les États des Balkans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la survie immédiate de l’Union passe par la réforme de ses institutions, ce que n’a pas permis le «non» au traité constitutionnel en 2005. Un traité qui loin d’être exemplaire, constitué pourtant un premier pas essentiel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il fut élaborée par la Convention et signée en juin 2004 par l’ensemble des Etats membres. Rappelons que son projet fut présenté pour la première fois au Conseil européen de Thessalonique les 21-22 juin 2003 par Valéry Giscard d’Estaing et exprimait de manière cohérente la double nature, partiellement interétatique et partiellement fédérale, de cette unité politique en devenir.&lt;br /&gt; Il s’était heurté en décembre 2003 à la fermeté de l’Espagne et de la Pologne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C’était un rappel des intérêts étatiques qui fut remarquable lors de la crise irakienne de 2003 et que l’on retrouve actuellement suite aux campagnes référendaires, pour cause de crise sociale et économique grave.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 2003, l’Europe se divisa ouvertement, avec le soutien voire l’impulsion de Washington. D’un côté la France, l’Allemagne et la Belgique, que le Secrétaire d’État américain à la défense Donald Rumsfeld&lt;span class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Rumsfeld&lt;/span&gt; qualifia de «vieille Europe», de l’autre, l’allié de toujours le Royaume-Uni&lt;span class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Royaume-Uni&lt;/span&gt;, l’Espagne, l’Italie et les PECO, nouveaux adhérents de l’Union européenne mais aussi de l’OTAN, qualifiés ensemble de «nouvelle Europe».&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier ministre espagnol de l’époque, José Maria Aznar était cohérent avec lui-même puisque proche idéologiquement de G. W. Bush et se jugeant marginalisé par la France et l’Allemagne. Ainsi il s’opposa à son opinion publique tout comme le fit Silvio Berlusconi, le Président du Conseil italien, parce que se sentant isolé de ses partenaires européens qui éprouvent pour le moins bien des réserves à son égard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux pays adhérents, ils ne faisaient que suivre ceux qu’ils considèrent comme leur protecteur ultime. Le traumatisme subi par l’occupation et l’influence soviétique a suffi très logiquement à les rallier au camp anglo-américain. Un désaccord de leur part sur le sujet aurait été perçu par Washington comme de l’ingratitude alors même que les trois pays Baltes , la Slovaquie et la Slovénie devaient adhérer à l’OTAN onze mois plus tard. Comment pouvait-on, par ailleurs, leur reprocher de ne pas souscrire à une politique commune qui n’existait pas, alors que de surcroît, ils ne faisaient pas encore partie du club?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pourtant, aller contre l’intérêt communautaire, et ce encore aujourd’hui (soit deux ans plus tard!), semble irrationnel tant les interdépendances entre États sont profondes au niveau de l’Union européenne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aucun pays membre ne peut prétendre peser seul sur les affaires du monde. Il n’existe actuellement aucun pôle s’approchant même de loin de la puissance américaine (pourtant bien mal en point et s’apprêtant peut-être à affronter une très grave crise financière dans un futur très proche) et la crédibilité de l’Organisation des Nations-Unies pour les grandes affaires internationales a toujours été faible et semble aujourd’hui quasi-nulle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce constat n’est pas positif, il signifie une gestion monopolistique des conflits mondiaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans, bien entendu, souhaiter l’affirmation d’une Europe hégémonique ou même colonialiste, une «Europe puissance» permettrait une alternative à la seule vision états-unienne du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car quand bien même ces deux pôles font parties de la même sphère occidentale, leur manière de voir les choses est souvent bien différente. Il n’est sans doute pas faux de dire que le refus européen de se construire en tant que puissance annonce à la fois son déclin diplomatique, démocratique et culturel mais aussi un déséquilibre plus marqué encore des relations internationales .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Concrètement aujourd’hui, l’Union européenne doit faire face à l’ «hyperpuissance» américaine comme à d’autres puissances telles que la Chine, l’Inde, le Japon, le Brésil et bien sûr la Russie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui plus est, elle doit être capable de gérer à la fois les nouveaux enjeux mondiaux et ses propres crises internes (Comme l’ultralibéralisme non régulé, les crises économiques, le terrorisme, l’émergence de nouvelles puissances, la crise économique, le déclin démographique alarmant mais aussi et surtout le déclin démocratique et l’augmentation de la xénophobie et de la peur de «l’autre»).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face à de tels défis, une pléiade d’États est moins capable qu’une union constructive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ne pouvant naître sans l’aval populaire, les gouvernants doivent combattre le désintérêt des citoyens européens face à la vie politique, démocratiser les Institutions communautaires et réaliser des politiques communes accessibles, visibles et au nom d’un seul peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette «Europe puissance», qui rompt avec l’idée d’ «Europe espace», permettrait alors la sauvegarde des valeurs européennes qui sont bien réelles et qui le seront toujours plus, leur pérennisation ainsi que la création d’un vaste espace démocratique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-delà, elle permettrait un nouvel équilibre mondial, plus juste, qui répondrait aux souhaits des pères fondateurs de l’Europe. C’est-à-dire, une Union politique prospère et pacifique porteuse d’un nouveau modèle se voulant plus égalitaire et solidaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car «nous ne pouvons pas accepter la dégénérescence». Or, l’UE a généré une grande déception. L’étroite coordination des politiques économiques et budgétaires est inexistante. Les États se sont dessaisis de prérogatives importantes mais sans qu’on n’en ait reconstitué les mécanismes à l’échelle de l’Union parce que celle-ci n’est pas un État. En outre, rien ne limite la course compétitive aux baisses d’impôts, ce qui appauvrit les États et ne permet pas de mettre fin aux paradis fiscaux internes à l’UE, ce qui est économiquement nuisible et moralement scandaleux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le déficit économique de l’Union est important. Sous l’angle social - lié à l’économie-, l’UE n’est pas capable de se doter d’un authentique programme de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, notamment à cause d’une trop faible ou mauvaise intégration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les mesures suggérées aux États membres - et non décidées - vont parfois dans le bon sens mais sont timides, lentes et tout à fait insuffisantes. La logorrhée communautaire masque l’impuissance, alors qu’un État européen pourrait mieux résorber exclusion et pauvreté. Le déficit social de l’Union est important.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité constitutionnel apportait quelques aspects positifs en la matière, mais il semble qu’ils n’aient pas été bien perçus et que certaines idées «nationalistes» aient plus convaincues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les domaines de la sécurité intérieure, la coopération des Vingt-cinq reste faible, et le choc majeur des attentats du 11 septembre 2001, du 11 mars 2004, et du 07 juillet 2005 après avoir fait sortir les États membres de leur torpeur, a de nouveau fait place à une absence de politique commune réellement efficace qui ne porterait pas atteinte aux droits les plus élémentaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le deuxième pilier de l’UE n’est qu’une banale coopération internationale. Là encore, la fusion des piliers par l’adoption du traité constitutionnel était extrêmement positive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les domaines de la sécurité extérieure, la coopération des vingt-cinq est aussi faible. L’incapacité de l’Union à exister sur la scène internationale est évidente, l’Europe est sans politique extérieure ni défense commune - ou presque -.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le déficit politique de l’UE est important. Dans de nombreux domaines, l’Union n’est qu’un faux-semblant; la simple coopération interétatique, qui est très souvent la règle, condamne presque toujours à l’impuissance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux secteurs dans lesquels des mécanismes supranationaux sont en œuvres, ils ont conduit à faire de l’UE un grand marché.&lt;br /&gt; Même si cela n’est pas sans intérêt, ce n’est pas ce que les citoyens européens attendent avant tout de l’Europe. Là encore la «Constitution» semblait résorber quelques défauts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Institutions de l’Union européenne sont incompréhensibles pour les citoyens, le traité de Nice a approfondi le fossé entre l’UE et l’opinion publique et la «Constitution» permettait d’aller plus loin (même si cela n’était pas suffisant).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les citoyens européens sont victimes d’un grave déni: ils vivent dans des États dont les attributions ont été assez largement démantelées mais dans une Union qui ne les a que très partiellement récupérées et qui n’a pas été dotée d’un gouvernement. Ainsi que l’écrivait J.-P. Fitoussi il y a deux ans: «En l’absence, pour l’instant, d’un projet politique cohérent, l’Europe apparaît comme un lieu vide de la souveraineté, un gouvernement par des règles, plutôt qu’un gouvernement par des choix». Cela est toujours vrai.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Européens ont été dessaisis de choisir leur avenir, chacun dans son États, et on les a privés d’un droit réel et entier à choisir leur destin collectif. C’est de cette tragédie dont il faut sortir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mondialisation a déjà tellement interpénétré les économies et les sociétés des États membres que le retour en arrière, proposé par les «souverainistes» (et même par la plupart des membres de la majorité parlementaire et gouvernementale actuelle en France), n’est qu’une impossible illusion, à moins de choisir un mal plus profond que celui auquel ils disent s’attaquer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Seule une lucide et courageuse marche en avant s’impose pour construire une UE qui soit non seulement commerciale et monétaire mais aussi économique et sociale, donc pleinement politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut organiser une «Europe puissance», une communauté volontariste et ambitieuse de destins pour le bien des Européens et dans l’intérêt de l’humanité (sans aucune pensée expansionniste évidemment).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et si cela n’est pas possible à 25, il faut affirmer le droit des peuples lucides à créer un noyau fédéral, un «noyau dur» (cf. mon autre article sur le sujet).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité constitutionnel européen, bien qu’imparfait, permettait de commencer cette lucide marche en avant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il a été refusée en France et aux Pays-Bas, il faut néanmoins continuer cette construction européenne vers la constitution d’un véritable pôle politique, vers celle d’une véritable puissance alternative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nicolas Cadène&lt;/p&gt;
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<title>Les brevets logiciels</title>
<link>http://ouialeurope.blogspirit.com/archive/2005/07/01/les_brevets_logiciels.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Nicolas)</author>
<category>Europe puissance</category>
<pubDate>Fri, 01 Jul 2005 00:01:31 +0200</pubDate>
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Voici un article très intéressant sur la fameuse histoire des brevets logiciels, récupéré grace à Vincent, un internaute m'ayant contacté : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;A moins d'une semaine du vote en séance plénière et en seconde lecture de la directive sur la &quot;brevetabilité&quot; des inventions mises en œuvres par ordinateur, les associations du libre se mobilisent. Dans une lettre ouverte, l'Adullact, l'Aful, l'April et la FSF France&quot;appellent solennellement les députés européens à voter contre les brevets logiciels&quot; le 6 juillet prochain. Le nouveau rapport, approuvé par la Commission des affaires juridiques (JURI) le 21 juin dernier et dépouillé de la plupart des amendements proposés par le rapporteur Michel Rocard (voir édition du 22 juin 2005), n'a guère convaincu les partisans de l'open source. Les arguments contre les brevets logiciels n'ont donc pas beaucoup variés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les associations, le brevet logiciel est un &quot;permis de tuer&quot; accordé aux multinationales qui &quot;mettront en péril l'indépendance technologique de l'Europe et la construction de l'administration électronique&quot;, notamment. Ils appellent les eurodéputés à prendre une &quot;responsabilité historique&quot; pour éviter de mettre fin à &quot;vingt-cinq siècles de savoir ouvert [et] continuer à faire du partage de l'intelligence la chance de la société de l'information pour demain&quot;. Car les associations et nombre de PME et petites entreprises craignent simplement de se voir poursuivi en justice pour violation de brevet sur leurs propres de développements informatiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Destruction des emplois&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ces associations ont choisi la lettre ouverte pour attirer l'attention des eurodéputés, d'autres mouvements préfèrent les interpeller directement. Ainsi l'Association pour une Infrastructure Informatique Libre FFII appelle à venir manifester à Bruxelles le 6 juillet prochain après avoir organisé, en collaboration avec la Confédération Européenne des Associations de Petites et Moyennes Entreprises (CEAPME), une journée de conférences, le 29 juin dernier, sur les dangers économiques que feraient peser les brevets logiciels sur les PME. La CEAPME craint notamment un risque majeur de destruction des emplois essentiellement soutenus par les PME dans le secteur de l'informatique européenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rappelons qu'il est aujourd'hui difficile, voire impossible, d'écrire un logiciel sans s'appuyer sur des technologies et méthodologies existantes. Pour peu que celles-ci soient protégées par un brevet, comme le fameux &quot;one click&quot; d'Amazon, la marge de manoeuvre des développeurs qui n'auront pas les moyens de s'offrir les licences risque d'être réduite à néant. D'autre part, les logiciels disposent déjà d'une protection dans le cadre du droit d'auteur. Dans un premier temps, les parlementaires avaient amendé le texte de la directive de façon à exclure du champ des brevets les &quot;logiciels en tant que tels&quot;, c'est-à-dire sans interaction mécanique. Amendements &quot;oubliés&quot; par le Conseil de l'Union européenne qui renvoie donc aujourd'hui le texte devant le Parlement européen (voir notre dossier sur les brevets logiciels). Pour pouvoir amender ou rejeter le texte en bloc, la majorité absolu des eurodéputés sera requise. Soit 367 des 732 représentants du peuple. Dans ce cadre, ils constituent le dernier recours contre l'adoption en l'état de la directive. Ce n'est pas gagné.&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou page internet de l'article, &lt;a href=&quot;http://www.vnunet.fr/actualite/tpepme_-_business/vie_publique/20050630003&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;
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<title>La problématique de l'Europe puissance</title>
<link>http://ouialeurope.blogspirit.com/archive/2005/06/02/la_problematique_de_l_europe_puissance.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Nicolas)</author>
<category>Europe puissance</category>
<pubDate>Fri, 03 Jun 2005 19:20:00 +0200</pubDate>
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Comment considérer la puissance ?&lt;br /&gt;Pour faire très succint, la puissance en tant que telle reste un potentiel d’actions qui peut provoquer ou inhiber les actions des acteurs sur lesquels il s’exerce. &lt;br /&gt;Elle peut être positive en orientant des évolutions et aménageant des volontés déterminées. &lt;br /&gt;C’est aussi une façon d’organiser ses moyens au service de ses convictions.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais parler de « puissance » quant à l’entité européenne ne paraît tout de suite pas très juste tant celle-ci est originale. En effet la construction européenne n’a pas de précédent historique. Elle n’est pas le produit de la force ou de la domination. Elle résulte de la libre volonté des gouvernants et des peuples décidés à mettre leur union au service de la paix et du droit.  &lt;br /&gt;En fait, la fondation des Communautés européennes marque la création d’une « Communauté de droit ». Dépourvues logiquement des symboles de la puissance étatique, les Communautés ne disposent que du droit, puissant facteur centripète, pour imposer à leurs Etats membres la réalisation d’un projet d’intégration inédit par son ambition.&lt;br /&gt;Enfin, l’Europe n’évolue pas vers une forme politique préconçue qu’il s’agirait d’imposer. Le débat sur la meilleure organisation possible n’est pas clos, comme l’a montré la Constitution Européenne. En réalité, l’expérimentation joue un grand rôle dans la définition du système politique européen, de sorte que, là encore, les précédents historiques sont de peu d’utilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi – et c’est malheureux - l’élargissement décidé par le Conseil européen de Copenhague en 2002 à dix nouveaux membres (Pologne, République Tchèque, Hongrie, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Malte et Chypre), que nous vivons depuis une année, n’a en rien été devancé par un approfondissement de l’Union ni par une clarification de ses objectifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Néanmoins, et les partisans du &quot;non&quot; à la Constitution l'ont souvent oublié, cet élargissement marque la réconciliation « géographique » avec l’entrée en 2007 de la Roumanie et de la Bulgarie. Encore manque-t-il notamment pour des raisons d’instabilité généralisée les Etats des Balkans . En début d'année 2005, les négociations ont commencé quant à la candidature de la Turquie qui est le premier Etat à l’avoir posé (ce qui ne préjuge en rien de son adhésion). L’enjeu n'est rien moins que l’identité culturelle de l’Europe. La victoire, le 3 novembre 2002 de Recep Tayyip Erdogan n’a pas changé la donne, au contraire. Son gouvernement s’attache méthodiquement à satisfaire les critères de Copenhague. Si la Turquie est repoussée, il faut s’attendre à une crise européenne et euro-atlantique majeure. Si elle est acceptée, on ne pourra plus reculer devant la question des limites géographiques ultimes de l’Union. Tôt ou tard, il faudra admettre les pays de l’ex-Yougoslavie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la survie immédiate de l’Union passe par la réforme de ses institutions, ce qui ne signifie pas la simple ratification de la « Constitution » qui est pourtant très mal en point. &lt;br /&gt;Elle fut élaborée par la Convention et signée en juin 2004 par l’ensemble des Etats-membres. Rappelons que son projet a été présenté pour la première fois au Conseil européen de Thessalonique les 21-22 juin 2003 par Valéry Giscard d’Estaing et exprime de manière cohérente la double nature, partiellement interétatique et partiellement fédérale, de cette unité politique en devenir. Il s’était heurté en décembre 2003 à la fermeté de l’Espagne et de la Pologne. &lt;br /&gt;C’était un rappel des intérêts étatiques qui fut remarquable lors de la crise irakienne de 2003 et que l'on retrouve actuellement dans les campagnes référendaires pour cause de crise sociale et économique grave. En 2003, l’Europe se divisa ouvertement, avec le soutien voire l’impulsion de Washington. D’un côté la France, l’Allemagne et la Belgique, que le Secrétaire d’Etat américain à la défense Donald Rumsfeld qualifia de « vieille Europe », de l’autre, l’allié de toujours le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et les PECO, nouveaux adhérents de l’Union européenne mais aussi de l’OTAN, qualifiés ensemble de « nouvelle Europe ». &lt;br /&gt;Le premier ministre espagnol de l’époque, José Maria Aznar était cohérent avec lui-même puisque proche idéologiquement de G. W. Bush et se jugeant marginalisé par la France et l’Allemagne. Ainsi il s’opposa à son opinion publique tout comme le fit S. Berlusconi, le Président du Conseil italien, parce que se sentant isolé de ses partenaires européens qui éprouvent pour le moins bien des réserves à son égard. &lt;br /&gt;Quant aux pays adhérents, ils ne faisaient que suivre ceux qu’ils considèrent comme leur protecteur ultime. Le traumatisme subi par l’occupation et l’influence soviétique a suffi très logiquement à les rallier au camp anglo-américain. Un désaccord de leur part sur le sujet aurait été perçu par Washington comme de l’ingratitude alors même que les trois pays Baltes , la Slovaquie et la Slovénie devaient adhérer à l’OTAN onze mois plus tard. Comment pouvait-on, par ailleurs, leur reprocher de ne pas souscrire à une politique commune qui n’existait pas, alors que de surcroît, ils ne faisaient pas encore partie du club ?&lt;br /&gt;Mais en réalité, aller contre l’intérêt communautaire semble irrationnel tant les interdépendances entre Etats sont profondes au niveau de l’Union européenne.&lt;br /&gt;Aucun pays membre ne peut prétendre peser seul sur les affaires du monde. Du moins, sur celles qui vont au-delà de la simple sphère économique.&lt;br /&gt;Il n’existe actuellement aucun pôle s’approchant même de loin de la puissance américaine et la crédibilité de l’Organisation des Nations-Unies pour les grandes affaires internationales a toujours été faible et semble aujourd’hui quasi-nulle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce constat n’est pas positif, il signifie une gestion monopolistique des conflits mondiaux. Sans souhaiter l’affirmation d’une Europe hégémonique ou même colonialiste, une « Europe puissance » permettrait une alternative à la seule vision états-unienne du monde. Car quand bien même ces deux pôles font parties de la même sphère occidentale, leur manière de voir les choses est souvent bien différente. Il n’est sans doute pas faux de dire que le refus européen de se construire en tant que puissance annonce à la fois son déclin diplomatique, démocratique et culturel mais aussi un déséquilibre plus marqué encore des relations internationales . &lt;br /&gt;Concrètement aujourd’hui, l’Union européenne doit faire face à l’ « hyperpuissance » américaine comme à d’autres puissances telles que la Chine, le Japon, l’Inde, le Brésil et bien sûr la Russie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui plus est, elle doit être capable de gérer à la fois les nouveaux enjeux mondiaux  et ses propres crises internes (Comme l’ultralibéralisme non régulé, les crises économiques, le terrorisme, l’émergence de nouvelles puissances, la crise économique, le déclin démographique alarmant mais aussi et surtout le déclin démocratique). &lt;br /&gt;Face à de tels défis, une pléiade  d’Etats est moins capable qu’une union constructive. &lt;br /&gt;Mais ne pouvant naître sans l’aval populaire, les gouvernants doivent combattre le désintérêt des citoyens européens face à la vie politique , démocratiser les Institutions communautaires et réaliser des politiques communes accessibles, visibles et au nom d’un seul peuple.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette « Europe-puissance », qui rompt avec l’idée d’ « Europe espace », permettra alors la sauvegarde des valeurs européennes qui sont bien réelles et qui le seront toujours plus, leur pérennisation ainsi que la création d’un vaste espace démocratique. &lt;br /&gt;Au-delà, elle permettra un nouvel équilibre mondial, plus juste, qui répondra aux souhaits des pères fondateurs de l’Europe. C'est-à-dire, une Union politique prospère et pacifique porteuse d’un nouveau modèle se voulant plus égalitaire et solidaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car « nous ne pouvons pas accepter la dégénérescence » . Or, l’UE a généré une grande déception. L’étroite coordination des politiques économiques et budgétaires, prévue au traité, est presque inexistante. Les Etats se sont dessaisis de prérogatives importantes mais on n’en a pas reconstitué les mécanismes à l’échelle de l’Union parce que celle-ci n’est pas un Etat. En outre, rien ne limite la course compétitive aux baisses d’impôts, ce qui appauvrit les Etats et ne permet pas de mettre fin aux paradis fiscaux internes à l’UE, ce qui est économiquement nuisible et moralement scandaleux. Le déficit économique de l’Union est important. &lt;br /&gt;Sous l’angle social – lié à l’économie -, l’UE n’est pas capable de se doter d’un authentique programme de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, notamment à cause d'une trop faible intégration (là encore, une Constitution pourrait améliorer l'efficacité de l'UE dans ce domaine). Les mesures suggérées aux Etats membres – et non décidées – vont parfois dans le bon sens mais sont timides, lentes et tout à fait insuffisantes. La logorrhée communautaire masque l’impuissance, alors qu’un Etat européen pourrait mieux résorber exclusion et pauvreté. Le déficit social de l’Union est important. La Constitution apportait quelques aspects positifs en la matière, mais il semble qu'ils n'aient pas été bien perçus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les domaines de la sécurité intérieure, la coopération des Vingt-cinq reste faible, et le choc majeur des attentats du 11 septembre 2001 puis du 11 mars 2004, après avoir fait sortir les Etats membres de leur torpeur, a de nouveau fait place à une absence de politique commune. Le deuxième pilier de l’UE n’est qu’une banale coopération internationale. &lt;br /&gt;Là encore, la fusion des piliers par l'adoption de la Constitution (finalement rejetée en France) était extrêmement positive.&lt;br /&gt;Dans les domaines de la sécurité extérieure, la coopération des vingt-cinq est aussi faible. L’incapacité de l’Union à exister sur la scène internationale est évidente, l’Europe est sans politique extérieure ni défense commune – ou presque -. Le déficit politique de l’UE est important. &lt;br /&gt;Dans de nombreux domaines, l’Union n’est qu’un faux-semblant ; la simple coopération interétatique, qui est très souvent la règle, condamne presque toujours à l’impuissance. Quant aux secteurs dans lesquels des mécanismes supranationaux sont en oeuvre, ils ont conduit à faire de l’UE un grand marché. Même si cela n’est pas sans intérêt, ce n’est pas ce que les citoyens européens attendent avant tout de l’Europe. Là encore la Constitution semblait résorber quelques défauts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Institutions de l’Union européenne sont incompréhensibles pour les citoyens, le traité de Nice a encore approfondi le fossé entre l’UE et l’opinion publique et la Constitution permettait d'aller plus loin (même si cela n'était pas suffisant).&lt;br /&gt;Les citoyens européens sont victimes d’un grave déni : ils vivent dans des Etats dont les attributions ont été assez largement démantelées mais dans une Union qui ne les a que très partiellement récupérées et qui n’a pas été dotée d’un gouvernement. Ainsi que l’écrit J.-P. Fitoussi : « En l’absence, pour l’instant, d’un projet politique cohérent, l’Europe apparaît comme un lieu vide de la souveraineté, un gouvernement par des règles, plutôt qu’un gouvernement par des choix ». Les Européens ont été dessaisis de choisir leur avenir, chacun dans son Etats, et on les a privés d’un droit réel et entier à choisir leur destin collectif. C’est de cette tragédie dont il faut sortir. &lt;br /&gt;La mondialisation a déjà tellement interpénétré les économies et les sociétés des Etats membres que le retour en arrière, proposé par les « souverainistes », n’est qu’un impossible illusion, à moins de choisir un mal plus profond que celui auquel ils disent s’attaquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule une lucide et courageuse marche en avant s’impose pour construire une UE qui soit non seulement commerciale et monétaire mais aussi économique et sociale, donc pleinement politique . Il faut organiser une Europe puissance, une communauté volontariste et ambitieuse de destins pour le bien des Européens et dans l’intérêt de l’humanité. &lt;br /&gt;Et si cela n’est pas possible à 25, il faut affirmer le droit des peuples lucides à créer un noyau fédéral. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Constitution européenne, bien qu'imparfaite, permettait de commencer cette lucide marche en avant.&lt;br /&gt;Elle risque de ne pas être adoptée, il faut néanmoins continuer cette construction européenne vers la constitution d'un véritable pôle politique, vers celle d'une véritable puissance alternative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicolas Cadène &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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