05 mai 2006
Clarifier les objectifs de l'Union, par Thomas Ferenczi
eux ans après l'entrée de huit anciens pays communistes et des deux îles méditerranéennes de Chypre et de Malte, le 1er mai 2004, dans l'Union européenne, celle-ci dresse le premier bilan d'un élargissement qui suscite, dans une partie de la population, l'inquiétude et le doute. Il y a deux ans, la dimension politique de l'événement était au centre des commentaires : l'adhésion de huit Etats qui appartenaient depuis près d'un demi-siècle au bloc soviétique marquait la réunification d'un continent longtemps divisé. La dimension économique de l'élargissement, sans être tenue pour négligeable, passait après sa signification historique. | |
Une étude du Centre pour la réforme européenne, un think tank britannique, confirme ce jugement. Son auteur, Katinka Barysch, estime que l'élargissement a été bénéfique à l'Europe dans son ensemble. Des milliers d'emplois ont été créés en Europe centrale et orientale grâce aux investissements venus de l'Ouest. Des délocalisations ont eu pour conséquence, il est vrai, de supprimer des emplois en Europe occidentale mais elles ont aussi permis, selon l'auteur, d'en préserver ou d'en créer d'autres, à plus haute valeur ajoutée, au prix d'une nouvelle division paneuropéenne du travail, qui aidera l'Europe à affronter la compétition mondiale.
Cette perception n'est pas celle de nombreux citoyens de l'Union, qui redoutent les effets de dumping social dont les travailleurs de la vieille Europe risquent de souffrir. L'image du plombier polonais a fortement marqué les esprits. La méfiance s'accroît à l'égard des pays d'Europe centrale et orientale. Paradoxalement, dans ces mêmes pays, l'euroscepticisme progresse. Le décalage entre l'analyse des experts et le sentiment des opinions publiques conduit l'auteur à se demander si l'élargissement de 2004, tout en étant une "réussite économique", n'est pas aussi un "échec politique".
Au-delà de ses effets sur l'emploi et la croissance, la question que pose cette nouvelle extension des frontières de l'Union est de savoir si l'Europe à vingt-cinq est vraiment de même nature que l'Europe à six, à neuf, à douze ou à quinze qui l'a précédée. Les citoyens ressentent confusément que le changement d'échelle a profondément modifié le sens même de la construction européenne. Certes, l'évolution a été progressive, mais une étape décisive a sans doute été franchie il y a deux ans.
Avec vingt-cinq Etats et plus, il devient difficile de croire à l'union "sans cesse plus étroite" promise par les traités. "Le rappel des particularités des pays de l'Est doit nous conduire à un certain réalisme", écrit Jacques Delors dans ses Mémoires. Sans doute faut-il accepter désormais que tous les Etats ne marchent pas du même pas. "On ne peut concilier l'élargissement et l'approfondissement que par la différenciation", estime l'ancien président de la Commission européenne. Cette idée est aujourd'hui largement partagée. Reste à la traduire dans des propositions précises. Il est temps que les dirigeants européens, appelés à débattre dans les prochaines semaines de l'avenir de l'Europe, clarifient leurs objectifs et sortent l'Union du flou qui brouille son image.
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28 février 2006
Economiesuisse réitère son refus d'adhérer à l'Union européenne
16:10 Publié dans Euroscepticisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
06 décembre 2005
La Suisse toujours eurosceptique ?
Assemblée de l'UDC: la politique européenne au centre des débats
SUHR - Les délégués de l'UDC se réunissent ce samedi à Suhr (AG), avec la politique européenne de la Suisse au menu. Ils doivent adopter un document qui rejette toute adhésion à l'UE, mais aussi tout nouvel accord bilatéral empiétant sur la souveraineté suisse.
En acceptant la plate-forme sur la politique européenne, "les délégués chargent leur parti de préparer un référendum ou une initiative populaire si la souveraineté du pays ou les droits démocratiques sont compromis par de nouveaux accords bilatéraux". Les autres revendications rejoignent celles formulées récemment par l'Action pour une Suisse indépendante et neutre.
Outre le retrait de la demande d'adhésion à l'Union européenne (UE), l'UDC refuse l'idée d'accord-cadre chapeautant les accords existants et comportant un rapprochement dans d'autres domaines. Elle vitupère contre la contribution suisse à la cohésion de l'UE (1 milliard de francs) et prône une réorientation de la politique économique de la Suisse vers l'Amérique et l'Asie ou le Moyen-Orient.
Le document stratégique de l'UDC sera présenté par le conseiller national soleurois Walter Wobmann. Quatre autres parlementaires fédéraux développeront différents aspects de cette politique européenne.
Les deux conseillers fédéraux démocrates du centre descendront dans l'arène. Il reviendra à Samuel Schmid de défendre la position du gouvernement. Quant à Christoph Blocher, il s'exprimera sur la "signification de l'indépendance suisse".
(ats / 03 décembre 2005 08:32)10:15 Publié dans Euroscepticisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
05 juin 2005
La fin de l'euroscepticisme en Suisse ?
dimanche 5 juin 2005, 18h00
Les Suisses disent oui à l'Europe sans frontières de Schengen
Les Suisses ont dit oui à 54,6% dimanche aux accords de Schengen-Dublin avec l'Union européenne pour créer une Europe sans frontières, échappant à la contagion eurosceptique des référendums en France et aux Pays-Bas.
Ce référendum intervenait quelques jours après les deux rejets de la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas, qui avaient fait craindre un effet d'entrainement.
"Faites comme les Français et les Néerlandais", proclamaient ces derniers jours les opposants suisses à Schengen.
De nombreux Suisses avaient néanmoins voté par correspondance avant même le référendum français du 29 mai.
"Je suis très heureuse que les isolationnistes aient perdu", a déclaré la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey.
Le ministre de la Justice luxembourgeois Luc Frieden, dont le pays préside l'UE, a salué "le résultat clair du peuple suisse".
"C'est une bonne journée pour l'Europe et pour la Suisse", a-t-il dit.
Tous les cantons de Suisse romande, francophone, ont dit oui, la plupart à plus de 60%, contre une minorité en Suisse alémanique, germanophone.
La participation (55,9%) a été supérieure à la moyenne des référendums nationaux en Suisse ces dernières années.
L'accord de Schengen, signé en 1985, supprime les contrôles systématiques des personnes aux frontières (sauf aux aéroports).
En échange, la police suisse accédera à la banque de données informatisé SIS, qui répertorie 15.000 criminels et 700.000 étrangers interdits de séjour.
Le visa unique Schengen permettra aux touristes non européens de circuler librement de Marseille à Neuchâtel.
Les accords de Dublin prévoient qu'un demandeur d'asile refoulé par l'un des pays membres ne peut déposer de demande dans un autre Etat, ce qui éliminerait 20% des demandes faites en Suisse.
L'espace Schengen, opérationnel depuis 1995, comprend pour l'instant 13 pays membres de l'UE (Grande-Bretagne et Irlande exceptées), plus la Norvège et l'Islande.
Schengen et Dublin figurent parmi les accords bilatéraux signés l'an dernier par la Suisse avec l'UE, dont elle ne fait pas partie.
Selon le Département fédéral (ministère suisse) de justice et police, la Suisse ne s'intégrera vraiment à l'espace Schengen qu'en 2008, quand le nouveau système d'information SIS II sera opérationnel.
Aux frontières de la Suisse avec les quatre pays de l'UE qui l'entourent (France, Autriche, Allemagne, Italie), Schengen ne changera pas grand chose dans la pratique. Les douaniers continueront d'inspecter coffres et paniers à provisions. Douaniers et policiers pourront toujours faire des contrôles inopinés une fois la frontière franchie.
Pour les milieux d'affaires, Schengen a le mérite de préserver le sacro-saint secret bancaire suisse et de stimuler le tourisme.
Les opposants, conduits par l'Union démocratique du centre (UDC, droite populiste), premier parti de Suisse, ont joué au contraire sur la peur pour la sécurité et l'emploi.
Ce "oui" constitue une "confirmation de la voie bilatérale" choisie par Berne, qui "est la seule option qui permette à la Suisse d'approfondir sa coopération avec l'UE", a souligné le président suisse Samuel Schmid.
Berne n'a cependant pas l'intention de retirer formellement sa demande d'adhésion à l'UE, déposée en mai 1992. En 2001, les Suisses avaient décidé par 76,7% des voix de ne pas ouvrir de négociations d'adhésion.
Pour Yves Christen, président du Nouveau mouvement européen suisse (Nomes), le résultat de dimanche est "un pas de plus" vers l'UE et une victoire de "la Suisse de l'ouverture".
Mais le prochain test interviendra le 25 septembre, quand la Suisse se prononcera sur l'extension du droit de libre circulation aux ressortissants des 10 nouveaux pays membres de l'UE.
Les craintes françaises de "dumping social" risquent alors de refaire surface en Suisse.
Les enjeux seront déjà tout autre et l'euroscepticisme risque de réapparaître.
Entre les accords de Shengen et l'adhésion à l'Union européenne, il y a encore un fossé...
19:00 Publié dans Euroscepticisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


