25 avril 2006

Innovation industrielle: Chirac lance ses six premiers "grands projets"

PARIS (AP) -- C'est la grande oeuvre de la dernière partie de son mandat: Jacques Chirac veut lancer les "Airbus ou Ariane de demain". En l'occurrence, il a peut-être lancé mardi la future télévision sur mobile par satellite ou les voitures hybrides diesel-électrique de demain.
Le président français a présenté les six premiers "grands projets" retenus par l'Agence de l'innovation industrielle créée sous son impulsion en août dernier.
Dotée d'une enveloppe d'1,7 milliard d'euros issus des privatisations -et de 2 milliards à partir de la prochaine loi de finances-, l'Agence présidée par le PDG de Saint-Gobain Jean-Louis Beffa a retenu six des projets soumis par les industriels, qu'elle juge porteurs et qu'elle va donc co-financer, en mêlant subventions et avances remboursables en cas de succès.
Ils associent à chaque fois des grandes entreprises et PME -françaises mais aussi européennes- et des laboratoires de recherche, industriels et Etat partageant le financement et donc la prise de risque.
Ces six projets concernent la création d'un nouveau standard européen pour recevoir la télévision sur son mobile grâce à une diffusion par satellite (98 millions d'euros), le développement d'un véhicule hybride diesel-électrique, la production de produits chimiques à partir de ressources agricoles via une "bio-raffinerie" (96 millions d'euros).
On recense aussi la mise au point de systèmes de gestion automatique de l'éclairage, du chauffage ou de la ventilation dans les maisons afin de faire des économies d'énergie (88 millions), la construction d'une nouvelle génération de métro automatique (62 millions d'euros), ainsi que le développement de logiciels de recherche multimédias et multilingues (250 millions d'euros).
Ces grands projets doivent permettre "d'inventer les procédés, les applications et les produits de demain", de "renforcer l'excellence de notre industrie et de nos services pour créer de nouveaux emplois hautement qualifiés", a expliqué le président français lors d'un discours à l'Elysée.
"A un moment où certains s'interrogent sur le dynamisme de l'Europe ou de la France, où de bons esprits ne voient son avenir que comme un pays musée, la France fait résolument le choix de la science, de l'innovation et de l'industrie", a-t-il lancé. "C'est la clé de l'emploi et d'une croissance durable" et "c'est la meilleure réponse aux délocalisations".
Une trentaine d'autres projets seront examinés par l'Agence d'ici la fin de l'année. Le chef de l'Etat a notamment cité les projets franco-allemands "Iseult" d'imagerie de très haute précision pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau, et "Biophotonique" pour développer de nouveaux outils d'interaction avec la lumière pour la dermatologie et les cosmétiques.
Avec les 66 "pôles de compétitivité" -qui associent entreprises et chercheurs sur un même secteur géographique- et la loi sur la recherche, ces grands projets doivent pour Jacques Chirac donner un nouvel élan à la politique industrielle, sur le modèle des grands projets technologiques des années 70 qui avaient donné naissance à Ariane ou Airbus. En espérant que le développement d'emplois hautement qualifiés en France permette de lutter efficacement contre le chômage.
Parallèlement, pour aider les PME innovantes, Jacques Chirac a confirmé la mise en place en juillet d'un fonds de 2 milliards d'euros chargé d'investir dans la création et le développement des petites et moyennes entreprises. Il a aussi demandé au gouvernement de "créer les conditions permettant un plus fort développement en France des investisseurs providentiels" (les "business angels").
Jacques Chirac a appelé mardi les industriels "à se mobiliser encore davantage et à voir encore plus grand, pour élaborer les technologies de rupture qui permettront à l'Europe de faire la différence". Il a aussi souhaité donner une "dimension européenne" à l'agence en l'ouvrant aux autres pays pour en faire "une pièce maîtresse pour la refondation d'une politique industrielle européenne". AP

18 novembre 2005

Projet Reach : Feu vert de Bruxelles

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Terre

Bruxelles donne son feu vert à un projet Reach allégé
Les eurodéputés ont approuvé jeudi le projet qui demande aux industriels de vérifier la toxicité des substances chimiques sur la santé et l'environnement • La batterie des tests à fournir a été simplifiée •

Par Julie MAJERCZAK
jeudi 17 novembre 2005 (Liberation.fr - 18:12)



Bruxelles (UE) correspondance

407 voix contre 155. Le Parlement européen a largement approuvé, jeudi en première lecture, le projet de nouvelle réglementation des produits chimiques, baptisé Reach. Selon ce texte, il incombera désormais aux industriels de prouver que leurs substances sont sans danger pour la santé et l'environnement. Le compromis passé entre les trois principaux groupes du parlement - conservateurs, socialistes et libéraux - a cependant permis à l'industrie européenne d'obtenir une simplification des tests à fournir lors de l'enregistrement des substances produites à moins de 100 tonnes. Un allégement vivement critiqué par les Verts - soutenus par les socialistes français - qui estiment qu'il touchera près de deux tiers des substances.

Les industriels ont en revanche perdu sur un point clé : l'obligation de substitution pour les produits les plus dangereux. Les autorisations de ces substances ne seront délivrées que s'il n'existe pas d'alternatives, et elles seront limitées à cinq ans pour encourager le développement de produits de substitution. C'est «un pas important» qui comporte néanmoins de «graves lacunes», ont jugé plusieurs ONG, dont Greenpeace et le WWF. Selon le Cefic, la voix de la chimie européenne, des améliorations sont encore nécessaires pour rendre la réglementation réellement «applicable et efficace».

La balle est maintenant dans le camp des ministres européens de l'Industrie, co-législateur avec le parlement. L'Allemagne, qui abrite l'industrie chimique la plus puissante d'Europe, a toutefois obtenu un report de la décision des 25 prévue fin novembre, afin que le nouveau gouvernement d'Angela Merkel puisse avoir le temps de se pencher sur le dossier. La présidence britannique de l'Union européenne souhaite faire passer le texte avant la trêve de Noël. Mais Berlin pourrait être tenter de durcir sa position, ce qui repousserait l'adoption d'un compromis de plusieurs mois. La bataille continue.