31 mai 2005

La controverse de l'indépendance de la BCE


PETIT RECAPITULATIF SUR LA CONTROVERSE DE L'INDEPENDANCE DE LA BCE :

Sur le fond, cette affirmation est juste : la BCE reste indépendante.

En revanche sur la forme il y a beaucoup à redire.


En effet, la BCE est dors et déjà indépendante. Il faut alors se poser la question "pourquoi ?"
(D’ailleurs le site suivant l’explique très bien)

Pour trouver la réponse il faut remonter à l'ère Mitterrand.

La spéculation sur les monnaies européennes est alors telle qu'elle empêche toute politique monétaire cohérente et efficace.

Seul le Mark peut encore se permettre de jouer le rôle de variable d'ajustement pour l'Allemagne, les autres pays devant dès lors suivre le mouvement imposé par la monnaie allemande.

C'est alors que la nécessité de mettre en place l'Euro apparaît.

Ainsi que le disait Mitterrand : il valait mieux abandonner le Franc pour une monnaie commune que l'abandonner pour le Mark.

Mais à cette époque, l'Allemagne vient de se réunifier et le Mark est le symbole de cette réunification, la monnaie unique d'une Allemagne réunie.

Les Allemands sont donc très attachés à leur monnaie, c'est donc un pari incroyable que doit relever Helmut Kohl, celui de demander au peuple allemand d'abandonner sa monnaie nationale pour une monnaie commune.
Pour obtenir l'Euro (alors appelé Écu), Mitterrand doit donc faire des concessions, et l'une d'entre elle est celle-ci : l'indépendance de la Banque Centrale Européenne, la BCE.

Car il faut rappeler que l'indépendance de la BCE a été voulue par l'Allemagne d'une part parce que cette indépendance est propice au maintien de la stabilité des prix, ainsi que le montrent les études théoriques et les données empiriques ; d'autre part, pour ne pas risquer la main mise d'un pouvoir non démocratique sur la banque. On sait en effet, que le pouvoir nazi avait instrumentalisé la banque fédérale, la mettant au service des objectifs d'Adolf Hitler. D'où l'exigence des négociateurs allemands de s'assurer que cela ne pourrait pas se reproduire au niveau européen.

Aujourd'hui, force est de constater que l'Euro à rempli son rôle : il est une monnaie stable, forte et présente dans toutes les banques centrales du monde.

Et ne croyons surtout pas que l’inflation est la seule faute de l’Euro !
L’inflation et l’instabilité des prix sans l’Euro auraient été bien plus conséquentes !

La BCE quant à elle, forme une administration très efficace.

Le véritable problème est en fait celui-ci : la BCE n'a pas actuellement face à elle de gouvernance économique coordonnée de la zone euro.

Elle peut relever ses taux ou les baisser, mais cela n'aura pas les mêmes effets sur chaque pays car tous n'ont pas la même politique économique.

L'urgence n'est donc pas tant l'indépendance ou non de la BCE mais plutôt l'affirmation d'une gouvernance économique de la zone euro.

Cette gouvernance, c’est l'Eurogroupe (qui réunit les ministres des finances de la zone Euro) qui est justement consacré par la Constitution que la France a refusé.

Avec ce texte, l'Eurogroupe disposerait pourtant d'un président stable et fort, gagnerait en indépendance face aux états non membres de la zone euro, le président de la BCE serait l'un des membres de l'Eurogroupe.

Bref, la Constitution permettrait la formation d'une gouvernance économique et renforce la coopération entre l'économique et le monétaire !

Je pense donc que certains partisans du « Non » se sont trompés de combat.

Car maintenant que le « Non » est passé, cela ne remettra nullement en cause l'indépendance de la BCE, au contraire, cela nuira gravement à la gouvernance économique de la zone euro, si la Constitution était jetée à la poubelle.


(d’ailleurs, M. Trichet, le Président de la BCE qui veut garder une totale indépendance ne veut pas de la Constitution...)


Cadène nicolas

20:15 Publié dans La BCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe