11 juin 2005
Discours au Sénat en réponse à celui de D. de Villepin
Je tiens à mettre en ligne le discours de Jean-Pierre Bel, Président du Groupe Socialiste du Sénat, en réponse à celui de politique générale de M. de Villepin.
En effet, ce disours rappelle très bien les liens entre la France et l'Europe, entre la crise française et celle de l'Union européenne. Il rappelle aussi les obligations de la France vis à vis de celle-ci.
Bravo Monsieur Bel,
nicolas cadène.
Discours de M. Bel :
"Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
"Vous venez, monsieur le premier ministre, de vous livrer à un exercice étrange puisque nous venons de réentendre un discours à l'identique de celui qui nous a été livré hier ici même par M. Sarkozy.
Alors, comment doit-on l'interpréter ?
Avez-vous si peu confiance en lui pour vérifier que cela nous a été dit ou bien sommes-nous face à une situation étrange qui en dit long sur le respect qui vient d'être témoigné à notre Assemblée ?
Il y aura bien, désormais, un avant et un après 29 mai dans l’histoire de notre pays et de l’Europe. Chacun d’entre nous, naturellement, a sa propre lecture de ce qui s’est passé. On attend de nous de dire de manière explicite comment, les uns et les autres, nous répondons aux craintes mais aussi aux attentes qui se sont manifestées.
Je vois, quant à moi, dans ce message des Français, entre autres explications certainement fondées, l’expression d’un mal de vivre et de souffrances liés à la vie quotidienne.
Souffrances de ceux qui sont confrontés au chômage, à une vie sans perspective ni pour eux, ni pour leurs enfants, sans perspective de moindre projet, souffrances de ceux qui sont confrontés à des conditions de vie toujours plus difficile, à un environnement qui se dégrade, à des conditions de logement dans lesquels la promiscuité et la cohabitation avec l’autre sont bien loin de ce dont ils avaient rêvé.
Voilà ce que nous ont dit, entre autres, les Français que nous avons rencontrés.
Dans le même temps, à côté de cette colère, de ces peurs, de ces doutes, il y a le sentiment aussi de ne plus être défendus, de voir le Pacte républicain qui, jusque là paraissait protéger, voler en éclats.
Alors, face à un engrenage qui semble ne plus savoir, ne plus pouvoir arrêter la machine à fabriquer de la pauvreté, il faut bien reconnaître que nous nous trouvons devant une crise de grande ampleur. Une crise que d’autres ont caractérisé de crise sociale, une crise économique, une crise politique et même une crise morale.
Nous avons tous à tirer des enseignements de ce message fort si l’on veut en comprendre la portée, offrir des perspectives et donner du sens à notre engagement politique. Nous sommes tous concernés, mais vous en conviendrez, d’abord vous-même, Monsieur le Premier ministre, vous-même et vos amis qui exercez les responsabilités gouvernementales depuis maintenant 3 ans.
Vous êtes-vous interrogés sur les raisons de votre impopularité, du discrédit qui est le vôtre à ce jour, discrédit qui fait qu’avant même de connaître vos propositions, huit Français sur dix interrogés dans un sondage annoncent que vous allez échouer ?
Peut-être aurait-on pu rappeler la sentence de Cicéron dans la Rome antique : « le peuple peut tout comprendre, pourvu que celui qui pose la question soit crédible » ?
La réponse est dans le bilan sans appel du précédent gouvernement auquel vous participiez : 230 000 chômeurs supplémentaires, c’est-à-dire 10,2 % de la population active, ce qui classe notre pays au 21ème rang de l’Union européenne en terme de chômage, en particulier pour le chômage des jeunes.
Vous avez contribué, lentement mais sûrement, remettre en cause les fondements de notre modèle social : en trente-quatre mois de gouvernement, la gauche et Lionel JOSPIN avaient crée plus de 1.100 000 emplois quand le gouvernement Raffarin en détruisait lui, dans le même temps, plus de 50 000.
La politique menée par vos gouvernements depuis 2002, est socialement injuste et économiquement inefficace : le chômage et la précarité augmentent, le pouvoir d’achat diminue, l’investissement productif baisse, la croissance est en berne, les déficits se creusent et les caisses sont vides.
Le gouvernement Raffarin endosse la responsabilité d’un rejet général dont l’Europe a fait les frais.
La réforme des retraites, construite sur des perspectives de croissance fausses, devra être remise à plat dans quelques années parce qu’elle n’est pas financée. Injuste et inéquitable, elle sacrifie les plus faibles…
La réforme de l’assurance maladie, engagée pour réduire le déficit de 15 milliards d’euros, risque fort de ne pas atteindre son objectif ; elle accroît la pression sur les plus faibles sans rien résoudre alors même que nous avions laissé les comptes de la sécurité sociale équilibrés.
Je pourrais rappeler ici le fiasco de la réforme de la décentralisation. Non seulement elle a pour conséquence de grever lourdement le budget des collectivités mais elle met à mal le pacte territorial.
Elle provoque une levée de boucliers chez les élus locaux, elle rend incontournable une forte hausse des impôts locaux, elle favorise un service public à 2 vitesses dans les territoires.
Votre politique a suscité, à chaque consultation électorale, le désaveu, la sanction, le rejet.
Le Chef de l’Etat n’en a tenu aucun compte. Jacques Chirac ne réagit pas, il n’entend pas. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre massivement désavoué, est maintenu à bout de bras, contre vents et marées, à l’encontre du suffrage universel. Le Chef de l’Etat doit endosser l’entière responsabilité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Par son entêtement, par son aveuglement, il a provoqué le résultat du 29 mai.
De cet aveuglement, l’Europe a payé le prix fort. A ce sujet, quel silence dans votre intervention ! Que savons-nous, à la veille du Conseil européen, des orientations que vous entendez défendre ? Je tiens à indiquer ici que notre groupe vous a demandé d’organiser un débat parlementaire avant ce prochain Conseil. L’avenir de l’Europe est en suspens, le traité constitutionnel est moribond. Quelles leçons en tirez-vous ?
Face à cette situation les Français attendaient une réponse qui soit à la hauteur de l’enjeu, un vrai changement de cap. Vous nous avez dit hier, au contraire, que « le cap serait maintenu ».
C’est donc cela que vous avez retenu du message du 29 mai ?
A ce titre, Monsieur le Premier ministre, mais aussi parce que vous étiez membre des gouvernements Raffarin, vous êtes comptable de ses renoncements et de ses échecs.
Alors, en réponse aux souffrances des français, vous avez promis une nouvelle impulsion, vous avez promis de remettre la France en marche. Quel aveu d’échec pour votre prédécesseur !
Reprenant mot à mot les annonces successives de Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin depuis 3 ans, vous appelez à une grande mobilisation en faveur de l’emploi.
La mesure phare de votre programme, c’est le contrat « nouvelle embauche », bel exemple de mesure sociale ! Vous proposez pour exaucer une demande déjà ancienne du MEDEF, un contrat de travail dont la période d’essai dure deux ans. Deux ans pendant lesquels, l’employeur pourra licencier du jour au lendemain. En réalité, votre contrat de nouvelle embauche, c’est un permis de licencier sans motif !
Vous construisez là une nouvelle forme de contrat de travail en permettant à un employeur de se séparer d’un salarié sans avoir à payer les indemnités compensatrices de précarité de 10% du salaire qu’il serait obligé de verser s’il s’agissait d’un CDD.
Avec le contrat nouvelle embauche, le chèque emploi entreprise, applicable dans les petites entreprises vous montrez-là le vrai visage du modèle patronal que vous portez !
Le chèque emploi entreprise est un chèque en blanc pour l’employeur ! Ce chèque fait disparaître l’obligation de signer un contrat de travail, seul garde-fou protecteur des droits impératifs du salarié : la rémunération, le temps de travail, la durée du contrat et des modalités de résiliation. Ce chèque fait disparaître la feuille de paye, libérant ainsi l’employeur de l’obligation de respecter le salaire initialement promis !
Vous avez fait le choix de ne cibler que les petites entreprises, et ce, à dessein. Evidemment, ce sont celles où les salariés sont le moins bien organisés.
De la même manière, en ne comptant pas les jeunes de moins de 25 ans dans leurs effectifs pour le calcul du seuil des 10 salariés, vous remettez insidieusement en cause le droit syndical. Naturellement, dès aujourd’hui les petits patrons applaudissent et les organisations syndicales se mobilisent.
Les chômeurs qui auraient refusé une proposition d’emploi dite « raisonnable », se verraient privés de leurs indemnités. On peut se demander ce qu’est une proposition « raisonnable » ? Doit-on tout accepter et qui appréciera ? Est-ce une nouvelle forme de la politique de la carotte et du bâton ?
Ces mesures, les seules mesures nouvelles de votre programme pour l’emploi, sont autant de brèches dans notre code du travail. Alors que les français réclamaient davantage de protection sociale, vous portez atteinte aux piliers de notre modèle social.
A la demande de sécurité professionnelle et sociale de nos concitoyens, vous répondez par plus de précarité et plus d’insécurité.
Face à la flexibilité que vous introduisez de manière éhontée dans notre droit du travail, vous n’offrez en contrepartie, aucune garantie nouvelle aux salariés.
Votre Ministre du Commerce, a eu la franchise de dire, avant d’être rappelée à l’ordre : « le droit du travail, --je la cite-- est « compliqué, lourd et peu flexible, il constitue un frein à l’embauche. Ces freins doivent être évacués ». Une fois encore, vous donnez des gages aux plus forts et vous stigmatisez les plus fragiles.
Enfin, vous reconnaissez vous même que vos marges de manœuvre budgétaires sont étroites et dans le même temps, vous annoncez une nouvelle baisse des cotisations sociales, baisse qu’il faudra bien financer par le budget de l’Etat ou par les privatisations de nos fleurons industriels et commerciaux !
Il y a les mots et la réalité. Pourtant, vous avez prôné un changement de méthode. Vous avez dit que le temps de la concertation et de la réflexion était venu, vous avez peut être même suscité des espérances. Tout cela pour aboutir à quoi ? Au recours aux ordonnances, une des pires méthodes de la Vème République qui consiste à nier les droits du Parlement, qui tourne le dos au dialogue, à la consultation des partenaires sociaux sur un sujet aussi essentiel que la politique de l’emploi.
Le 29 mai a exprimé une exaspération, une forme de désespérance, vous y ajoutez aujourd’hui la frustration.
Vous spoliez les salariés de leurs droits au dialogue, à la négociation, vous allez générez la colère… C’est une lourde responsabilité, Monsieur le Premier Ministre, sur laquelle vous serez jugé, sans tarder, dans les semaines qui viennent.
La situation mérite des politiques, des orientations radicalement nouvelles. Sur l’emploi, sur le pouvoir d’achat des familles, nous savons bien que cela passe dans l’immédiat par l’augmentation de la prime pour l’emploi, la valorisation de l’allocation de rentrée scolaire.
L’objectif du droit à un emploi digne pour chacun doit constituer un chantier prioritaire, avec une véritable sécurité sociale professionnelle et un droit à la formation tout ou long de la vie. Et pour cela, en préalable, nous devons nous en donner les moyens en convoquant une grande conférence, une négociation avec les partenaires sociaux portant sur l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat et l’insertion des jeunes.
Vous avez dit, Monsieur le Premier Ministre : « je me donne 100 jours pour rendre la confiance aux Français d’ici le début du mois de septembre ».
Dans 100 jours, l’opposition sera là pour apprécier votre action à sa juste valeur. La situation de la France et de l’Europe est grave. Nous serons attentifs et vigilants. Nous développerons, dans cette période des propositions alternatives, celles que nous élaborerons dans un dialogue avec les français et avec l’ensemble de la gauche.
Monsieur le Premier Ministre, mes chers collègues.
La France et l’Europe vont mal et nous avons le devoir de dire la vérité aux Français. Cela signifie qu’il faut se garder des discours simplistes, incantatoires qui seraient plus sources de désillusions que de solutions concrètes.
Mais il faut aussi avoir une véritable ambition, proposer une politique radicalement nouvelle pour répondre à la demande de justice sociale et de solidarité.
Nous devons signifier clairement le retour du politique dans ce qu’il a de plus noble, c’est-à-dire sa capacité à influer sur le cours des choses, à remettre l’homme au cœur de notre système et non le contraire.
Nous devons signifier aussi que nous ne renoncerons pas à notre combat pour une Europe plus politique et plus sociale. Et vous savez, sur ce point là, qu’il faudra sortir de l’impasse budgétaire décidée par M. le Président (plafonnement du budget européen à 1 % du PIB) qui ne permet aucune ambition nouvelle pour l’Europe.
Monsieur le Premier ministre, vous venez aujourd’hui vers le Sénat réclamer la confiance. Pour qu’il y ait confiance, encore eut-il fallu que vous ayez pris la pleine mesure de l’état de la France, du désarroi exprimé par les Français.
Il aurait fallu que vous indiquiez un cap clair et transparent, en rupture avec les orientations calamiteuses de ces trois ans de gouvernement.
Sur les équipes, sur les orientations, c’est tout le contraire que vous nous annoncez en vous inscrivant dans la continuité.
Alors, les Français peuvent compter sur les socialistes pour construire, avec d’autres, un autre horizon et pour s’opposer à l’avenir que vous nous tracez, une société dominée par la précarité.
Cet avenir, fait d’irresponsabilité, d’inconséquences et d’injustices, nous n’en voulons pas. C’est pourquoi vous n’aurez pas notre confiance."
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04 juin 2005
Les réactions des dirigeants européens
En Europe
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne (La plus haute autorité européenne)
Le président de la Commission européenne a minimisé dimanche la portée du "non" français à la Constitution européenne, affirmant que c'était "un problème sérieux", mais que "l'Europe a déjà connu beaucoup de problèmes" et qu'"on ne peut pas dire que le traité soit mort". "J'espère que l'Europe va être capable de dépasser ce qui est véritablement une difficulté, car c'est la première fois qu'un Etat-membre dit non à cette Constitution", a-t-il toutefois déclaré, en ajoutant que la France était "un des moteurs essentiels de la construction de notre avenir commun".
"Je ne crois pas à la possibilité d'une renégociation de ce traité", a-t-il également souligné, interrogé sur France-2 et France-3. Pour M. Barroso, "il n'y aura pas d'Europe sans la France, mais il n'y aura pas de France sans Europe". "La France est toujours essentielle pour l'Europe", a-t-il souligné. Désormais, José Manuel Barroso pense que les hommes politiques doivent "montrer qu'ils sont capables de se rassembler".
Il a également affirmé qu'il était important de réfléchir aux raisons de ce vote "qu'on doit bien sûr respecter". Concernant la directive Bolkestein sur les services publics qui a soulevé une polémique en France, M. Barroso a estimé qu'il y avait eu "des malentendus", mais il a reconnu que "nous n'avons peut-être pas été suffisamment clair dans ce débat".
Josep Borrell, président du Parlement européen (2ème plus haute autorité de l'Union)
Le "non" français à la Constitution européenne ne doit pas avoir de conséquence sur la suite du processus de ratification car "la France ne décide que pour la France", a dit dimanche à Madrid le président du Parlement européen Josep Borrell. "Ce serait une grave erreur que de suspendre le processus de ratification, maintenant il faut poser la question aux autres pays", déclaré M. Borrell à l'AFP.
Pour le président espagnol du Parlement européen, le résultat négatif du référendum en France souligne "la nécessité d'expliquer mieux le traité européen ; en France on a probablement commencé trop tard. L'Europe est un thème complexe qu'il faut expliquer tous les jours et pas seulement quand se posent des questions cruciales". "Ce qu'il faut saluer du débat français, c'est qu'il a eu lieu, mais malheureusement il s'est mélangé avec d'autres questions d'ordre interne", a déploré M. Borrell.
Jean-Claude Juncker, président en exercice de l'Union européenne (3ème plus haute autorité de l'Union)
"La ratification de la Constitution européenne doit se poursuivre", a déclaré le président en exercice de l'Union européenne, le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, dimanche soir après la victoire du non au référendum français. "La France a voté et la France a dit non. Une majorité de Français a rejeté le traité constitutionnel dans sa forme proposée. Nous en avons, je dois le dire, le coeur gros mais nous en prenons acte", a dit M. Juncker lors d'une conférence de presse à Bruxelles. "Le traité n'est pas mort", a-t-il néanmoins estimé, excluant une renégociation du texte. Il a annoncé que les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 se pencheraient sur la nouvelle donne lors de leur prochain sommet prévu les 16 et 17 juin à Bruxelles.
Gerhard Schröder, chancellier allemand
Le non français au référendum sur le traité constitutionnel est "un revers pour le processus de ratification la Constitution mais pas sa fin", a déclaré dimanche soir le chancelier allemand Gerhard Schröder, qui "regrette beaucoup l'issue" du scrutin. Mais "ce n'est pas non plus la fin du partenariat franco-allemand dans et pour l'Europe", a-t-il toutefois ajouté dans un communiqué du service de presse du gouvernement allemand. "Le président français, avec lequel je viens de m'entretenir au téléphone, partage aussi ce point de vue", a souligné le chancelier. Le processus de ratification dans les autres pays de l'UE "doit se poursuivre", a aussi estimé M. Schröder.
Jan Peter Balkenende, premier ministre néerlandais
Le premier ministre néerlandais a appelé dimanche ses concitoyens à voter "oui" mercredi au référendum consultatif sur la Constitution européenne, malgré le "non" français. Les sondages prédisent également un rejet dans ce pays. "Le processus de ratification va évidemment continuer", a déclaré Jan Peter Balkenende dans une allocution télévisée. "Le vote français donne encore plus de raisons de voter "oui", parce que la Constitution est la voie vers l'avant. Chaque pays a sa propre responsabilité et cela signifie que les électeurs néerlandais doivent se faire leur propre opinion", a-t-il ajouté, estimant qu'en dépit du rejet de la France il était "bien trop tôt" pour parler de mort de la Constitution européenne.
Jack Straw, ministre des affaires étrangères britannique
"Nous avons besoin d'une période de réflexion" après le non français à la constitution européenne, a déclaré le ministre des affaires étrangères britannique, Jack Straw, interrogé par la presse sur l'éventualité de maintenir un référendum en Grande-Bretagne en 2006. Le ministre a estimé qu'il fallait d'abord attendre le résultat du référendum aux Pays-Bas mercredi et le sommet européen du 16 juin, qui déciderait du processus à suivre.
Refusant de garantir l'organisation d'un référendum en Grande-Bretagne en 2006 quoi qu'il arrive, M. Straw a seulement assuré que si la constitution devait être ratifiée en Grande-Bretagne, "ce serait seulement par le biais d'un référendum". Le résultat du vote français "pose de sérieuses questions pour tout le monde sur la future direction que doit prendre l'Union européenne", a également reconnu le ministre.
Le premier ministre britannique, Tony Blair, ne commentera pas le non des électeurs français à la constitution européenne avant lundi matin, a déclaré une porte-parole de Downing Street, interrogée dimanche soir.
José Luis Rodriguez Zapatero, premier ministre espagnol
Le chef du gouvernement espagnol considère que "le processus de ratification doit continuer" après le non massif des Français au référendum sur la Constitution européenne de dimanche, a annoncé un porte-parole du gouvernement espagnol. M. Zapatero a téléphoné dès dimanche soir au président français Jacques Chirac et tous deux sont tombés d'accord pour dire que l'Europe "surmontera cette période de crise, comme elle en a surmontées d'autres au cours de son histoire" et que la construction européenne devait aller de l'avant.
"Le résultat du référendum en France n'est pas une bonne nouvelle mais ce n'est pas une catastrophe", a dit le porte-parole de M. Zapatero, soulignant que "les problèmes intérieurs français ont pu malheureusement influer sur le vote". "Le président Zapatero considère que le processus doit continuer. Le traité a déjà été approuvé par neuf pays, dont l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie et doit donc être soumis au vote des autres Etats de l'Union". "L'Espagne continue à croire que la bonne voie est celle qu'elle a choisie, celle de la construction de l'Europe avec la Constitution européenne", selon le porte-parole.
Anders Fogh Rasmussen, premier ministre danois
Le premier ministre danois a "déploré naturellement" le "non" français à la Constitution européenne, tout en affirmant qu'il "n'aura pas d'influence sur le vote" des Danois, lors du référendum du 27 septembre. "Nous respectons la décision du peuple français. Mais d'un autre côté, il est juste que tous les 25 pays (de l'UE) aient le droit de s'exprimer sur ce traité", a affirmé le dirigeant libéral danois, sur la chaîne de télévision publique DR2.
"Ceci signifie que le peuple danois doit avoir la possibilité de se prononcer le 27 septembre. Notre position est que chaque pays où on a décidé d'organiser un référendum, ait l'occasion d'exprimer son point de vue." Il s'est dit persuadé que "les Danois voteront selon leurs propres intérêts, et que le non français n'aura pas d'influence" sur leur choix.
La dirigeante du parti social-démocrate, Helle Thorning-Schmidt, principal parti d'opposition, a partagé ce point de vue, estimant "que le processus de ratification doit se poursuivre, et que chaque pays doit donner son point de vue". Elle a indiqué cependant qu'on aura une "toute nouvelle situation" si les Pays-Bas venaient à rejeter aussi ce traité.
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Les réactions des partisans du "non"
Les réactions des partisans du "non" en France
Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France
Philippe de Villiers, partisan du "non", a estimé dimanche soir qu'après la victoire annoncée du "non", "il n'y a plus de Constitution" européenne. "Il n'y a plus de Constitution, le peuple a dit 'non' massivement, il faut reconstruire l'Europe sur d'autres bases qui ne sont pas celles de l'Europe actuelle", a déclaré le dirigeant souverainiste sur TF1.
Pour lui, cette victoire annoncée du 'non' constitue une "grande claque à tout un système qui prétend commander notre pensée" et représente un "grand décalage entre le pays institutionnel et le pays réel". Pour Philippe de Villiers, le président Jacques Chirac devrait soit présenter "sa démission", soit décider "la dissolution de l'Assemblée nationale". "Nous sommes ce soir devant une crise politique majeure", a-t-il ajouté.
Henri Emmanuelli, député socialiste des Landes
"Ce n'est pas un vote de peur, c'est un vote d'espérance", a déclaré dimanche soir le député socialiste des Landes Henri Emmanuelli après la victoire du "non" au référendum sur la Constitution européenne. "Je suis fier de la France, je suis fier des Françaises et des Français qui ont réaffirmé sans ambiguïté la primauté de la souveraineté populaire sur tous les appareils politico-médiatiques", a affirmé M. Emmanuelli sur France-2.
"Chaque fois que la France se ressaisit, elle se retrouve". Le député socialiste a estimé que les Français avaient voté contre "une propagande assez intensive, contre l'engagement de l'appareil d'Etat au plus haut niveau, car le président de la République s'est abusivement impliqué dans cette campagne". Les Français "ont su dire non pas 'non à l'Europe'", mais "'non' à l'Europe libérale qu'on voulait leur faire avaliser, pour sauvegarder les chances d'une Europe politique indépendante, démocratique, socialiste, capable de sauvegarder le modèle humaniste européen".
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste
La secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet a déclaré dimanche soir que la victoire du "non" était "un tournant historique". "Cette victoire s'est construite dans le refus du gâchis, des souffrances engendrées par les politiques de classes sociales, dans les luttes et les mobilisations de ces dernières années, dans une dynamique de rassemblement populaire", a affirmé Marie-George Buffet.
La secrétaire nationale du Parti communiste a ajouté que cette victoire était "avant tout celle des ouvriers, des employés des jeunes, des sans-emploi (...), des militants français et étrangers qui ont fait un travail remarquable".
Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire
"La France ne sera pas isolée. J’ai beaucoup d’émotion. Ce scrutin, c’est le grand retour des questions sociales. Les quartiers populaires et la jeunesse se sont fortement mobilisés. Les peuples d’Europe auront vu ce soir que le vote de gauche n’est pas un vote d’égoïsme. Ils ont regardé les sourires, les drapeaux dans les rues des peuples de gauche. On a également vu ce soir que la majorité des électeurs ne veut pas attendre 2007 pour le pays change. La colère, c’est maintenant. Autre conséquence, un mouvement de gauche européen plus radical et moins capitaliste doit se développer. L’ensemble de la gauche européenne devra se mobiliser sur une nouvelle constitution."
Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière
La porte-parole de Lutte ouvrière a estimé dimanche soir que la victoire "espérée et attendue" du "non" au référendum sur la Constitution européenne "n'est que justice", ajoutant que "ce "non" ne changera pas grand-chose à la situation sociale". "Les officiels du Parti socialiste comme François Hollande, (Dominique) Strauss Kahn et quelques autres vont, là encore, porter le discrédit de s'être associés à une politique de droite, et ce n'est aussi que justice", a-t-elle ajouté dans un communiqué. "Pour l'avenir, ce "non" ne changera pas grand-chose à la situation sociale" et "n'arrêtera pas le jeu de la course au profit", estime toutefois la porte-parole de LO, pour qui "les licenciements, les fermetures d'usine continueront" et "le chômage continuera soit à progresser, soit à se réduire très peu".
Jean-Marie Le Pen, président du Front national
Jean-Marie Le Pen, président du Front national (FN) et partisan du "non", a estimé dimanche soir, après la victoire du "non", que le président Jacques Chirac devrait rendre son mandat. Le président de la République "a voulu peser de tout son poids (...) et il a perdu", a déclaré M. Le Pen sur TF1. Aussi bien le président Chirac que son gouvernement "doivent rendre leur mandat au peuple français", a estimé le président du FN. Le peuple français "a signifié leur congé à ceux qui en étaient responsables", a-t-il ajouté. "Nous vivons un moment historique".
Claude Bartolone, député socialiste
Le député socialiste et fabiusien Claude Bartolone a qualifié dimanche soir la victoire du "non" au référendum sur la Constitution européenne de "succès pour toutes celles et tous ceux qui ont fait campagne pour le 'non'", auquel Laurent Fabius a selon lui apporté sa "crédibilité". "C'est un succès pour toutes celles et tous ceux qui ont fait campagne pour le 'non', mais c'est vrai que Laurent Fabius a apporté une crédibilité: sa crédibilité d'homme d'Etat, sa crédibilité d'homme de gauche, sa crédibilité d'homme européen, qui a permis de montrer que l'on pouvait être pro-européen convaincu, porteur de l'idée de l'Europe sociale et voter 'non'", a-t-il analysé sur TF1.
C'est aussi "un succès pour la France, qui a voulu montrer qu'elle voulait de cette Europe, mais pas de n'importe quelle Europe. Qu'elle voulait d'une Europe sociale où l'idée d'emploi, de protection sociale, de services publics voulait dire quelque chose", a poursuivi ce proche du N2 du PS. "Je crois que ce soir nous vivons un grand moment démocratique qui a amené les Français à dire: 'nous allons nous saisir de cette question européenne, mais cette Europe ne se fera plus sans nous'", a-t-il conclu.
Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen
Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a estimé dimanche que la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne était "une magnifique victoire dont le peuple français peut être fier". "Un mouvement puissant venu des profondeurs vient d'apporter un cinglant désaveu à des élites paresseuses et aveugles qui, depuis trois décennies, ont installé la France dans un chômage de masse", a-t-il fait valoir dans un communiqué. Il appartient au président de la République "de proposer un grand plan de redynamisation de l'économie et de lutte contre le chômage à l'échelle européenne et d'abord au niveau des Douze de la zone euro", a-t-il ajouté, soulignant qu'il fallait "renégocier les dispositions des textes européens qui y font obstacle". "Pour la gauche, la seule question qui se pose désormais à elle est celle des son rassemblement et de sa refondation sans tabou", a souligné M. Chevènement.
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Les réactions des partisans du "oui"
En France, en Europe et dans le monde, les réactions à la victoire du "non" ne se sont pas faites attendre
Les réactions des partisans du "oui" en France
Jacques Chirac, président de la République
"Mes chers compatriotes,
La France s'est démocratiquement exprimée. Vous avez majoritairement rejeté la Constitution européenne. C'est votre décision souveraine et j'en prends acte. Pour autant, nos intérêts et nos ambitions sont profondément liés à l'Europe. La France, qui est un des pays fondateurs de l'Union européenne, reste naturellement dans l'Union. Je tiens à dire à nos partenaires européens et à tous les peuples de l'Europe que la France continuera à y tenir toute sa place dans le respect de ses engagements. J'y veillerai.
Les processus de ratification sont en cours dans l'ensemble des pays de l'Union. Neuf pays se sont déjà prononcés pour le oui. Nos autres partenaires s'exprimeront à leur tour. D'ici la, l'Union européenne va continuer à fonctionner sur la base des traités actuels. Nous avons devant nous des échéances importantes. Le 16 juin, le Conseil européen se réunira à Bruxelles. J'y défendrai les positions de notre pays en tenant compte du message des Françaises et des Français.
Mais ne nous y trompons pas. La décision de la France crée inévitablement un contexte difficile pour la défense de nos intérêts en Europe. Nous devrons y répondre en nous rassemblant autour d'une exigence, celle de l'intérêt national.
Mes chers compatriotes, au cours de ce débat, vous avez également exprimé vos inquiétudes et vos attentes. J'entends y répondre en donnant une impulsion nouvelle et forte à l'action gouvernementale.
Je vous ferai part dans les tout prochains jours de mes décisions concernant le gouvernement et les priorités de son action".
Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre
"Les Françaises et les Français viennent de s'exprimer massivement. Ils l'ont fait au terme d'un vrai débat sur le traité constitutionnel, un débat passionné qui fera date dans notre démocratie. Je salue leur esprit civique. Nos compatriotes ont décidé de rejeter le traité. Pour moi, Européen de coeur, c'est une déception profonde. Gardons le courage de l'Europe, faite de difficultés surmontées et d'espoirs réaffirmés. Le président de la République a pris acte de cette décision des Françaises et des Français. En ce qui me concerne, je reste fidèle au pacte de loyauté qui me lie au chef de l'Etat et je soutiendrai, avec mon expérience, les orientations qu'il fixera pour notre pays", a déclaré le premier ministre dans un communiqué.
François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste
"La France vient de dire non au traité constitutionnel européen. Le résultat est d’autant plus net qu’il s’entoure d’une forte participation. Cette décision politique majeure nous engagera pour longtemps : elle est grave pour l’Europe car elle risque de la priver du cadre nécessaire à son fonctionnement et à son épanouissement. Elle traduit la crise politique que traverse notre pays.
Même si ce n’était pas, selon nous le moment, les Français ont exprimé leur colère et leur exaspération par rapport au chef de l’État qui a froissé tous ses engagements et a refusé d’entendre les messages qui lui étaient adressés. Ce vote traduit une insatisfaction par rapport à la situation économique, au chômage qui ne cesse de s’aggraver et au pouvoir d’achat qui ne cesse de baisser.
Les socialistes ont fait le choix de la vérité, de la cohésion et de la sincérité en dissociant le vote sur la Constitution du contexte politique. Ils n’ont pas à le regretter. Les socialistes ont eu d’autant plus de mal à se faire entendre que certains se sont éloignés de la règle commune".
Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, Ministre d'Etat (n°2), Ministre de l'Intérieur, Président du Conseil Général des Hauts de Seine (rien que ça...)
Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et partisan du "oui", a estimé dimanche soir que la victoire du "non" constituait "un événement politique majeur". "Aujourd'hui, les Français se sont prononcés et ils ont dit 'non', c'est un événement politique majeur", a déclaré Nicolas Sarkozy à la presse. "Il faut entendre ce que les Français ont exprimé." "Les 22 mois qui nous séparent des prochaines élections décisives pour notre pays doivent être mis à profit pour fonder un nouvel espoir", a-t-il ajouté. "Il nous faut décider d'un programme d'action innovant, courageux, ambitieux. Cela suppose un tournant majeur dans nos politiques économiques et sociales", a souligné M. Sarkozy.
François Bayrou, président de l’UDF
"Ce résultat ouvre une période de grande difficulté européenne et sanctionne une gravissime crise française. Nous verrons la portée véritable et la vacuité des arguments des défenseurs du « non ». Pour l’UDF, le combat ne s’arrête pas. Je demande au président de la République l’organisation d’une consultation nécessaire pour sortir de la crise. Nous avons besoin d’une refondation de la République et de la démocratie française."
Michel Barnier, ancien ministre des affaires étrangères
Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères, a reconnu dimanche soir que la défaite annoncée du "oui" est "une épreuve et une vraie déception". "C'est une épreuve et une vraie déception", a déclaré le ministre français. "C'est une épreuve pour notre pays." "Ca va donc être plus dur pour notre pays de défendre nos intérêts", a estimé M. Barnier. Le rôle du président Jacques Chirac au Conseil européen "va être très important", a-t-il ajouté. "La France est en Europe, elle garde sa place." "C'est le peuple qui a choisi", a dit M. Barnier en soulignant qu'il y avait pour le peuple français un "besoin de se rassembler derrière" le président Chirac.
Thierry Breton, ministre de l'économie
Le ministre de l'économie, Thierry Breton, a estimé dimanche soir que la France entrait dans "une période de grande incertitude" économique après la victoire du non au référendum, et appelé au rassemblement derrière le président Jacques Chirac. Sur France 2, il a affirmé qu'il fallait "impérativement rassembler la France derrière le président de la République pour que la France puisse parler d'une seule voix dans le concert des nations européennes".
"Il va falloir redoubler d'efforts pour attirer les investisseurs dans notre pays", et également pour préserver "le dynamisme de notre pays et en maintenant la cohésion, faute de quoi la France se mettra en dehors de l'Europe", a-t-il déclaré. "En tant que ministre de l'Economie et des Finances, je vous le dis, la France est dynamique, la France "en a sous le pied" et précisément, l'impulsion, c'est de pouvoir donner corps à ce dynamisme, mais avec la spécificité française".
Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles
"Ce malheureux traité constitutionnel sert de bouc émissaire", a déploré dimanche soir le député-maire (Vert) de Bègles, Noël Mamère, après la victoire du "non" au référendum. "La gauche maintenant a une ardente obligation", a-t-il déclaré sur France 2 en proposant que "dans la semaine, ou très rapidement, se réunissent" l'ensemble des gauches européennes afin de regarder "comment on peut apporter une inflexion à cette Europe".
Yann Wehrling, secrétaire national des Verts
Le secrétaire national des Verts a estimé dimanche soir sur TF1 qu'il ne fallait pas renoncer à la Constitution européenne après la victoire du non au référendum. "Il faut que nous soyons constructifs. Nous n'avons pas les outils démocratiques que nous offraient le traité européen, nous allons devoir travailler avec le traité de Nice mais il faut aller de l'avant, il ne faut pas renoncer à cette Constitution", a-t-il déclaré. "Les Français ont envoyé un signal dur pour la construction européenne teinté de préoccupations sociales. Il y a des questions hexagonales qui sont posées dans ce débat."
Jack Lang, porte-parole de la campagne du Parti socialiste
Le porte-parole de la campagne du Parti socialiste, Jack Lang, a estimé dimanche soir que la victoire du "non" au référendum sur la Constitution européenne est le signe d'"une colère, une rage, une bronca à l'égard du pouvoir politique". "Il y a dans notre pays une colère, une rage, une bronca à l'égard du pouvoir politique", a-t-il commenté sur TF1, y voyant un "élément déterminant" d'explication du résultat du référendum.
"Les gens n'en peuvent plus, c'est un ras-le-bol ce soir qui s'exprime, dont malheureusement l'Europe est victime". "Beaucoup de Français disent, au fond d'eux-mêmes: 'nous en avons assez, dix ans, ça suffit!'", a poursuivi l'ancien ministre de l'Education nationale, qui a fait remarquer que Jacques Chirac était le premier président à perdre un référendum sur l'Europe. "On sent dans le coeur des Français ce cri à l'égard des autorités établies. Ils ont envie de dire: 'partez, laissez la place à d'autres, ça fait dix ans que vous êtes là'".
Alors qu'on lui demandait s'il réclamait la démission du chef de l'Etat, Jack Lang a toutefois répondu: "je n'ai pas à formuler de proposition particulière au nom du parti que je représente".
Dominique Strauss-Khan
L'ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn a estimé dimanche soir que la victoire du "non" au référendum était "une grave défaite" et "une très mauvaise nouvelle pour l'Europe". "C'est une grave défaite, je suis déçu, j'ai même de la tristesse", a déclaré M. Strauss-Kahn sur France-2. "Je crois que c'est une très mauvaise nouvelle pour l'Europe". "Nous entrons dans une période d'hiver, il y a un coup d'arrêt", a-t-il poursuivi.
Selon l'ancien ministre de l'Economie, les causes de ce rejet viennent d'une part "de ces peurs, cette angoisse des Français, ce refus de la politique menée depuis trois ans". Mais, "il y a aussi une crise identitaire dans notre pays, qui ne sait pas bien où il va". Dominique Strauss-Kahn s'est déclaré "extrêmement sévère à l'égard de ceux qui ont joué sur ces peurs car on ne construit pas sur la démagogie", y compris dans son "propre camp".
Il a estimé que "dans toute la campagne que nous avons vécue, la peur, la démagogie ont été continuellement présentes". Interrogé sur la part de responsabilité de Laurent Fabius, qui défendait le "non", M. Strauss-Khan a jugé que "tous ceux qui ont milité pour le non ont sans doute contribué à la victoire du non". "Oui, la part de responsabilité est grande", a-t-il affirmé.
Julien Dray, porte-parole du PS
Le porte-parole du PS Julien Dray a estimé dimanche sur France 2 que la droite était "discréditée" et qu'il fallait créer "vite les conditions d'un changement dans ce pays" après la victoire du "non" au référendum sur la Constitution européenne. "La question qui est posée ce soir, ce n'est pas celle d'un gouvernement d'union nationale, je vous rassure tout de suite: il n'en est pas question. Ce n'est pas de tendre la main à la droite : elle est discréditée", a affirmé Julien Dray. "Je n'accorde plus aucun crédit à la parole présidentielle, je souhaite d'ailleurs que le président en tire lui-même un certain nombre de conséquences", a-t-il ajouté.
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale
Le député-maire de Nantes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale (PS) a déclaré dimanche soir que la démission du président Jacques Chirac après le "non" serait "la moindre des choses". "Je l'ai trouvé profondément pathétique. Jacques Chirac ne peut plus faire appel à la conscience nationale", a poursuivi le député-maire de Nantes. "Avec quelle force va-t-il parler de la France?". Jean-Marc Ayrault a également estimé que la victoire du "non" au référendum ouvrait "une véritable crise de régime". "Ce n'est pas seulement une crise politique de circonstance. Cette crise, elle est profonde, c'est une crise de confiance, c'est aussi une crise d'identité nationale".
Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense
La ministre de la défense Michèle Alliot-Marie s'est dite "déçue" par la victoire du "non" au référendum sur la Constitution européenne et elle a appelé au "rassemblement" derrière le président Jacques Chirac, qui va avoir la charge de défendre les intérêts de la France. "Je suis déçue", a-t-elle déclaré sur France-2 après la fermeture des bureaux de vote dimanche soir. "Je pense que c'est une défaite pour l'Europe et que c'est aussi une défaite pour la France". "Nous entrons dans une période extrêmement difficile", a ajouté Michèle Alliot-Marie.
"Il faudra (...) que nous soyons rassemblés pour défendre les intérêts de la France". "Il faudra que nous soyons rassemblés derrière le président de la République" Jacques Chirac qui va "dorénavant être en charge des intérêts de la France", a poursuivi la ministre de la Défense, qui fait partie des personnes pressenties pour succéder à Jean-Pierre Raffarin à Matignon. Interrogée sur un changement de Premier ministre, Michèle Alliot-Marie a répondu: "ce soir, le problème n'est pas là". "Ce ne sont pas des questions de personnes qui ont été posées aux Français", a-t-elle souligné.
14:20 Publié dans Les réactions politiques au "non" français | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité


