01 juin 2005
Orientation réformiste ?
Voici un article intéressant.
Cependant j'ose espérer, à l'inverse de ce qu'il écrit, que le "non" français ne sonne pas la fin de l'Europe politique...
Affirmer son réformisme
C’est une victoire massive du NON qui est sortie des urnes, ce dimanche 29 mai.
Par plus de 55% des voix et avec un taux de participation particulièrement élevé, les Français se sont majoritairement prononcés contre le Traité constitutionnel proposé par référendum.
Faute d’avoir vu le mouvement profond qui se cachait sous l’immobilité apparente de la surface, le camp du OUI a été sanctionné par une mécanique punitive, un vote anti-système qui ne sera pas sans conséquence pour la construction européenne comme pour l’avenir de la gauche.
Pour la construction européenne, tout d’abord.
Avec ce refus franc et massif, il a fort à parier que l’Europe politique qui était proposée à travers la Constitution, soit rangée au placard des utopies.
Et lorsque l’illusion du Plan B aura été démasquée, beaucoup regretteront sans doute d’avoir laissé passer une chance historique de faire de l’Europe, autre chose qu’un simple marché.
Car, disons-le, par la magie du NON, c’est bien le Traité de Nice qui va être gravé, pour quelques années, dans le marbre de l’Histoire communautaire.
Pour la Gauche, ensuite.
Celle-ci est apparue profondément divisée durant la campagne référendaire.
Et, comme pour le projet de Défense européenne en 1954, c’est elle qui a fait échouer un projet qui n’était pourtant pas si éloignée de ses aspirations.
S’il est encore trop tôt pour tirer tous les enseignements de cette défaite, il est clair que la gauche française ne peut désormais se dispenser d’une clarification de son orientation et de sa stratégie pour sortir de la crise dans laquelle elle est maintenant plongée.
Le Parti socialiste notamment, va devoir dépasser les trois obstacles qui ont été posés sur sa route par ceux qui ont milité publiquement pour faire battre leur propre parti.
En tournant le dos à son dessein européen, le PS vit un renoncement historique. En fracturant les forces de Gauche en deux, il s’enferme dans une impasse stratégique. En revenant sur sa nature réformiste, il subit une régression idéologique.
Pour reconquérir son électorat exaspéré par les politiques libérales menées par la droite, et déçu par des responsables politiques trop aphones, la Gauche va devoir se donner les moyens d’incarner une alternative crédible et cohérente.
Cette alternative ne pourra se fonder des logiques mollétistes ou par l’instrumentalisation des désespérances sociales.
Elle devra, au contraire, se construire sur une orientation réformiste assumée, capable de rassembler dans la cohérence pour gouverner sans trahir.
Maxime des Gayets
10:50 Publié dans Refonder la Gauche européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
Refonder la Gauche européenne
La gauche française s’est déchirée autour de ce référendum et l’heure est aujourd’hui à la clarification.
Clarification entre une gauche conservatrice radicale et une gauche réformiste, clarification entre une gauche protectionniste et une gauche ambitieuse, clarification entre une gauche crispée sur une vision archaïque de la France et une gauche européenne et internationaliste.
En jouant sur les peurs et le rejet du gouvernement, les tenants français du" non" à gauche ont privé la gauche européenne des outils nécessaires à la reconquête et à la construction d’une Europe politique, démocratique et humaniste.
En refusant les avancées évidentes de ce traité (car il y en avait), ils sont allés jusqu’à renier ce qui fondait jusqu’alors l’identité du socialisme, de la social-démocratie, plus encore, de la gauche :
la Charte des droits fondamentaux, la reconnaissance des services publics à travers les SIEG, la place des partenaires sociaux.
En instrumentalisant la colère parfaitement légitime des Français, ils ont remis en cause l’ambition collective qui doit être la nôtre face au libéralisme : la construction d’un projet humaniste, réformiste et solidaire.
Nombreux se sont engagés, depuis plusieurs mois, pour un "oui" européen, de gauche et de progrès.
Le résultat du référendum ne remet pas en question cet engagement pour la construction d’une Union européenne, espace de paix, de démocratie et de solidarité.
Nul ne sait de quoi demain sera fait, mais, d’ores et déjà, il faut réaffirmer notre soutien à ce à quoi une grande part des Européens ont déjà dit oui :
un pas en avant vers une Europe politique, un instrument pour plus de droits pour les citoyens d’Europe, un cadre de régulation pour entraver les dérives du libéralisme international.
Il faut soutenir dans leur combat tous les progressistes de gauche qui auront, dans les semaines à venir, à mener le combat pour la ratification du Traité établissant une Constitution pour l'Europe dans leurs pays respectifs.
Nous leur devons ce respect après les efforts qu’ils ont fournis à nos côtés dans la campagne française.
Notre Europe est réelle, notre projet et notre ambition aussi.
C’est cette Europe que nous opposons à tous ceux qui ont promis des lendemains sans chanson, des plans B sans fondement, des révolutions sans partenaire.
Notre Europe est celle qu’ont défendue tous les partis de Gauche européens, la majeure partie des syndicats européens, la plupart des associations d’éducation populaire et d’action sociale de l’UE.
Ce soir, eux aussi pleurent le rêve perdu d’une aventure brisée, d’une occasion ratée, d’un scrutin détourné de son enjeu. Nous ne pouvons pas les décevoir.
La Gauche ne peut gagner que lorsqu’elle est rassemblée.
Elle ne peut répondre aux espérances que lorsqu’elle est en cohérence.
Unir la Gauche sur une orientation politique clarifiée, c’est ce à quoi nous allons désormais nous atteler.
Pour transformer l’Europe.
Pour refonder la gauche.
Pour empêcher que l'extrême gauche ne passe sa vie à tracer de larges boulevards à la droite.
Pour plus d'info, voir le site "réso"
09:15 Publié dans Refonder la Gauche européenne | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité


