17 avril 2006
Italie : Romano Prodi pour un noyau dur européen et une constitution simplifiée
Dans une interview publiée hier par l'hebdomadaire britannique Sunday Times, le futur chef du gouvernement italien et ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, a déclaré vouloir procéder à une nouvelle alliance de pays proches "pour lesquels une politique européenne commune" serait la priorité. Il a appelé notamment l'Italie, l'Allemagne, la France et l'Espagne, sans exclure la Belgique et le Luxembourg, à mettre en place des réformes pour "une Europe plus."Concernant la Grande-Bretagne, Romano Prodi ne pense pas qu'elle puisse faire partie de cette alliance forte. "Le Grande-Bretagne a décidé de ne pas organiser de référendum sur l'Europe et donc elle n'a pas approuvé la position européenne. De toute évidence, elle est fidèle à une politique qui est plus indépendante de l'UE" a expliqué le Professeur.
Romano Prodi veut aussi injecter du sang neuf dans le projet de constitution européenne. "Nous devons tendre" explique-t-il dans son interview "vers une constitution beaucoup plus simplifiée qui s'attache aux grands principes. Cela sous-entend la première partie de la constitution, le chapitre sur les droit fondamentaux et peut-être le protocole social. Mais nous devons retirer tous les aspects techniques qui ont effrayé les gens" a plaidé cet européen convaincu dont, aux dires du Sunday Times, le mobile a pour tonalité de sonnerie "l'Hymne à la joie" de Beethoven qui est aussi choisi comme hymne européen.
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07 juin 2005
Un noyau dur à 3,... ?
Un Noyau dur Européen ?
La crise que vit l'Union européenne depuis la victoire du "non" au référendum français sur la Constitution européenne fait renaître l'idée d'imposer un "noyau dur" réunissant seulement quelques Etats membres de l'Union prêts à aller vers plus d'intégration.
Rappelons que la non-création d’un noyau d’Europe fédérale, entre les six pays originels de la CEE -Communauté Economique Européenne- (France, Allemagne, Luxembourg, Belgique, Pays-Bas, Italie : premiers signataires du Traité de Rome de 1957), a eu des conséquences considérables.
La France, sous l’influence de la droite gaulliste alliée aux communistes, en porte une lourde responsabilité.
Depuis son entrée dans les institutions européennes, l’action du Royaume-Uni a objectivement favorisé l’affaiblissement de l’Union (en terme politique) ; celui-ci a été accéléré par l’élargissement à d’autres Etats – qui est pourtant une bonne chose en soi -, car jamais devancé d’un approfondissement politique.
Certains Etats se sont clairement « opposés aux progrès de la construction d’une Europe forte, pour que celle-ci se dissolve progressivement dans la mondialisation » .
Avant l’élargissement de 2004, Mme É. Guigou, alors député européen disait : « Si l’Union européenne n’est pas renforcée avant l’élargissement aux pays de l’Est (Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Hongrie, Malte, Chypre), elle se désintégrera dans une zone de libre-échange qui privera pour toujours les Européens de la capacité de maîtriser leurs destinées et de peser sur l’évolution du monde » . C’est ce qui est en train de se passer car en effet, il n’y a pas eu de réel approfondissement antérieur.
Cela se confirme de plus en plus avec le probable échec de la Constitution européenne qui tentait de corriger cet approfondissement manqué.
Faute d’un ciment suffisant et d’un quelconque projet fédérateur, certains des nouveaux Etats membres, rejoignant d’ailleurs des Etats membres plus anciens, ont immédiatement donné quelques gages d’allégeance au gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, puissance longtemps opposée à toute construction, non d'une Europe espace, mais d’une Europe puissance.
Certaines de ces nouvelles adhésions ont renforcé le "clan" des Etats membres de l’UE qui sont décidés à en reprendre les éléments de puissance au profit d’un vaste marché commune et d'une zone de libre-échange.
Ainsi, il ne semble guère possible de construire l’Europe puissance à 25 et bientôt à 27.
Sans doute trop de disparités idéologiques, trop peu d’ambitions communes, absence d’esprit européen véritablement commun.
Ce projet ne paraît pouvoir commencer qu’à quelques uns.
Et seuls ceux aspirant à une Europe autonome et unie politiquement peuvent construire autre chose qu’ « une grande Suisse ».
Car il faut organiser une Europe puissance, une communauté volontariste et ambitieuse de destins pour le bien des Européens et un monde multipolaire.
Et si cela n’est pas possible à 25, il faut affirmer le droit des peuples lucides à créer un noyau fédéral :
Au sein même de l’Union, tel semblait être le projet de l’Allemagne et de son Ministre des Affaires étrangères, M. J. Fischer, en mai 2000.
Il s’agirait de commencer par une coopération renforcée entre les Etats qui veulent coopérer de manière plus étroite que les autres et qui pourrait concerner la transformation de l’eurogroupe en une union politico-économique, avec la protection de l’environnement, la lutte contre la criminalité, le développement d’une politique commune d’asile et d’immigration et naturellement, aussi, la politique étrangère et de sécurité.
Bien que les coopérations renforcées ne fassent qu’accompagner un espace de libre-échange par des alliances diverses, l’Allemagne a précisé que la « coopération renforcée ne doit pas être comprise comme un éloignement de l’intégration. Un pas intermédiaire vers la réalisation de l’Union politique pourrait être la création, plus tard, d’un centre de gravitation. Un tel groupe d’Etats signerait un nouveau traité fondamental européen qui constituerait le noyau de la fédération. Et, sur la base de ce traité, il y aurait des institutions propres, un gouvernement qui devrait parler au sein de l’Union européenne d’une seule voix sur le plus grand nombre de questions possibles, un parlement fort, un président élu directement. Un tel centre de gravitation devrait être l’avant-garde, la locomotive pour l’achèvement de l’intégration politique et contenir déjà tous les éléments de la fédération future (…). Le dernier pas serait l’achèvement de l’intégration dans une fédération européenne ».
Parachevant l’édifice, M. J. Rau, Président de la République d’Allemagne, proposa le 4 avril 2001, un processus authentiquement démocratique pour construire cette fédération des Etats-nations.
Pour créer une opinion publique européenne et renforcer la démocratie à cette échelle, il avait déjà proposé l’élaboration d’une Constitution pour une fédération européenne d’Etats-nations dont il avait brossé les grands traits.
À de telles perspectives la France n’avait pas vraiment répondu en rappelant que le terme de « fédération » n’a pas la même signification dans les deux pays et surtout en réaffirmant inconsciemment qu’elle souhaite une Europe forte avec des Institutions faibles !
Elle a ainsi privé les Français d’un avenir enfin mobilisateur.
Quant à la Constitution adoptée par les Etats membres en juin 2004 et refusée dernièrement en France ; bien que bien en-deça d’une véritable Europe politique et démocratique, elle laissait entrevoir une union politique et démocratique plus étroite.
Ce texte étant donc mis de côté, il faut désormais plus que réfléchir à ce noyau dur.
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